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a leading, independent classical record
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Commentaire Tenebrae a
eu pendant sa courte existence un impact considérable par la vitalité et
la fraîcheur de ses réinterprétations d’œuvres classiques du répertoire
choral. Ce nouvel enregistrement marque toutefois une inflexion car il est
consacré au répertoire novateur et moins connu de la musique contemporaine.
Ce choix reflète une démarche audacieuse centrée sur l’exploration qui
démontre la contribution du groupe au processus de renouvellement
artistique. Cette collection distinguée rassemble les oeuvres de plusieurs
musiciens contemporains dont la plupart se sont déjà, au cours des
dernières années, imposés comme intervenants de premier plan dans le
domaine de la musique chorale. Jonathan Dove (né en 1959) est connu par
la richesse de ses créations dans plusieurs domaines musicaux, comme la
musique d’orchestre, la musique de chambre, la musique de théâtre et de
film. Compositeur porté instinctivement vers la tension dramatique, ce
sont ses opéras qui ont probablement le plus retenu l’attention des
critiques. Au cours des dix années de son association avec Glyndebourne,
Dove a composé trois opéras communautaires de grande envergure dont le
plus connu est probablement Flight, une œuvre interprétée pour la
première fois au Glyndebourne Touring Opera en 1998 et qui a été
accueillie avec enthousiasme par le public comme par les critiques. La
grande originalité de sa musique d’église lui a valu un grand nombre de
commandes, y compris celles du Spitalfields Festival, du chœur de la
Chapelle d’Eton College et du chœur de King’s College, Cambridge (Festival
des neuf leçons et de la musique chorale de 2000). Son goût pour les
cadences marquées et la vivacité de ses rythmes (une particularité qui se
retrouve dans tous les aspects de son œuvre) font de lui un collaborateur
musical naturel pour les spectacles de danse, un domaine dans lequel il
compte de nombreuses réussites. Seek him that maketh the seven stars
(Recherche celui qui a créé les sept étoiles) est une mise en musique de
versets du livre de Amos et du Psaume 139. L’usage d’ostinati dans la
partition de l’orgue qui intervient en contrepoint sur des lignes vocales
sinueuses souvent caractérisées par un ton d’imploration (‘Recherche celui…’)
évoque à la fois le firmament étoilé et la nature interrogatrice de
l’invocation du prophète. La dernière section (un ‘Alléluia’) est plus
affirmative et triomphante et elle débouche elle-même sur un dernier
mouvement évoquant confiance et sérénité. L’œuvre a été commandée en 1995
par l’Académie Royale des Arts et la première a eu lieu en juin de la même
année à l’église St. James, Piccadilly, sous la direction de Adrian
Peacock, un membre de Tenebrae, avec Jeremy Filsell, l’accompagnateur de
Tenebrae, à l’orgue. Francis Pott (né en 1957) a été choriste à New
College, Oxford, et il était boursier de musique à Winchester College et à
l’université de Cambridge en étudiant la composition sous la tutelle de
Hugh Wood et de Robin Holloway. Il est actuellement chef du Département de
Musique et de Composition de L’Ecole de Musique et de Médias de Londres (université
de Thames Valley). Il a été associé toute sa vie à la musique d’église, ce
qui lui a valu toute une série de commandes importantes pour un certain
nombre de cathédrales, de collèges et d’églises. En tant que pianiste
d’exception, il a consacré à cet instrument une partie importante de son
œuvre. Mais c’est sa musique pour orgue qui s’est imposée comme une des
œuvres les plus significatives de la deuxième moitié du vingtième siècle
pour cet instrument. Christus (une symphonie pour orgue en cinq
mouvements de deux heures et demie) est une œuvre de première importance
dans le canon de l’organiste qui se rattache de manière indélébile par la
profondeur de son sujet à l’oratorio de grande envergure composé par Pott
lui-même et commandé pour le Festival des Trois Chœurs de 1999, A song
on the end of the world (Un chant sur la fin du monde). Au plan
stylistique, sa musique porte l’empreinte d’un certain nombre d’influences
: la polyphonie de la Renaissance de l’Italie, de l’Espagne et (peut-être
de manière plus cruciale) de l’Angleterre, l’écriture pianistique de
Medtner et de Rachmaninov et, fondamentalement, le style formel et
harmonique du symphoniste danois Carl Nielsen. The souls of the
righteous (Les âmes des justes) a été commandé par David Bushnell à la
mémoire de son épouse défunte, Sheila. La vie du couple a été étroitement
associée pendant environ trente ans à celle de la cathédrale de Winchester
et les cendres de Sheila ont été dispersées dans l’enceinte de la
cathédrale. Pour la composition de cette oeuvre, Pott a jugé naturel de
s’inspirer non seulement du souvenir de ses propres parents, mais
également de l’atmosphère de la mise en musique par William Byrd du même
texte (sous le titre Justorum animae), un motet qui exerce sur lui
une profonde influence depuis l’époque où il était choriste à New College.
Dans sa musique chorale, Pott s’est toujours efforcé de retrouver l’esprit
de la musique sacrée du seizième siècle anglais—plutôt que celle du
dix-neuvième—une tendance qui est particulièrement manifeste dans l’œuvre
qui nous intéresse. The souls of the righteous a été interprété
pour la première fois dans la cathédrale de Winchester en 2000. Giles
Swayne est né en 1946 et il s’est mis à la composition alors qu’il n’était
encore qu’adolescent sous l’influence de son illustre cousine Elizabeth
Maconchy. Parmi les personnalités qui ont exercé une profonde influence
musicale sur Swayne à Cambridge, on compte Nicholas Maw et Raymond Leppard
et plus tard, à l’Académie Royale de Musique de Londres, Alan Bush et
Harrison Birtwistle. Le Magnificat a été commandé par Francis Grier
pour le choeur de Christ Church, Oxford en 1982 grâce à une subvention de
l’Association des Arts de la Région Sud. Il s’agit de la mise en musique
d’un texte très familier qui est devenu un classique du catalogue des
œuvres chorales. Le cantique Magnificat forme un élément central
des vêpres et de l’office du soir de la liturgie anglicane et cette mise
en musique du texte latin pour deux chœurs enchante par l’interpolation
peu conventionnelle d’un chant de guerre zoulou dans une polyphonie
‘stravinskienne’ dominée par l’ostinato. La démarche de Swayne qui se
distance des nuances textuelles spécifiques n’est pas sans rappeler celle
des grandes versions du Magnificat datant du seizième siècle (Victoria,
Palestrina, Vivanco, Ortiz, etc.) mais le coloris d’inspiration
pointilliste, les ostinati et les sauts de plus en plus audacieux
effectués par les voix indiquent clairement l’appartenance de la
composition à la musique contemporaine. L’originalité de l’idiome
musical si personnel de Sir John Tavener (né en 1944), tant au plan du
concept qu’à celui du développement, lui a valu une popularité rare parmi
les compositeurs contemporains de musique classique. L’intérêt qu’il porte
à l’église orthodoxe russe (dont il est devenu membre en 1977) est lié à
un style de composition s’enracinant dans les traditions anciennes et dans
un esprit de réflexion profonde qui répond aux élans spirituels du monde
moderne. L’ambition de Tavener a toujours été de créer ce qu’il appelle
lui-même des ‘icônes’ sonores et la popularité extraordinaire de sa
musique lui a valu de figurer au répertoire d’un grand nombre de festivals
d’art. En octobre 2000, le ‘South Bank Centre’ de Londres a organisé un
festival de premier plan d’une durée de trois semaines intitulé Ikons of
light et consacré à sa musique. A l’occasion du nouvel an 2000, Tavener
s’est vu décerner le titre de Chevalier pour services rendus à la musique.
Mother and child (Mère et enfant) est une œuvre qui a été commandée
par Tenebrae en 2003 et dont la première a eu lieu au Festival de
Salisbury de la même année. Le thème universel de la maternité et plus
spécifiquement celui de Marie, mère du Christ (en tant que co-rédemptrice)
est un thème que Tavener n’a cessé de méditer et d’explorer à travers sa
musique. Derrière ce concept se profile celui de lumière théophanique
infinie, un concept commun à toutes les traditions religieuses. La musique
de Tavener associe un poème de Brian Keble à des citations en grec et en
sanskrit, ces dernières intervenant dans le cadre d’une culmination
explosive (sur le mot ‘ATMA’ qui représente, selon les dires mêmes de
Tavener ‘la réalité suprême, l’identité vraie de chacun, lumineuse et
infinie, le Dieu unique’). Au crescendo de la musique vient s’ajouter la
masse sonore des accords de l’orgue jusqu’à la métamorphose en une immense
texture de pulsations au moment de l’apogée, ponctuée par les percussions
d’un énorme gong de temple hindou. La clameur se dissipe alors pour faire
place à une ultime invocation, ‘Hail Maria’, recueillie et contemplative.
Alexander L’Estrange (né en 1974) est un chanteur, compositeur, arrangeur
et bassiste de jazz qui circule avec facilité entre les divers domaines
musicaux. Il a été choriste à New College, Oxford, et a chanté dans le
chœur de Magdalen College pendant ses études à Merton College. Ses
arrangements pour plusieurs ensembles prestigieux ont été publiés par
Faber et sa comédie musicale pour une femme seule Hello, Life! a eu
sa première au théâtre de Greenwich en 2002 puis au Festival de Brighton
en mai 2003. L’Estrange est directeur musical du ‘National Youth Music
Theatre’ et membre de Tenebrae. Lute-book lullaby est une des
compositions qu’il a écrites pour le groupe. Sa grande simplicité est
d’autant plus convaincante qu’elle s’appuie sur le déploiement sophistiqué
mais discret de l’échelle octotonique dans les passages homophoniques. Les
ondulations de la voix de basse évoquent le balancement du berceau du
Christ en dessous d’un solo soprano d’une beauté envoûtante. Le caractère
aigre-doux des dissonances accentue la tendresse irrésistible de
l’évocation.
Jeremy Filsell (né en 1964) est un pianiste et organiste renommé qui a
réalisé plusieurs enregistrements qui lui ont valu les louanges de la
critique (le dernier en date étant le premier enregistrement intégral des
oeuvres pour orgue de Marcel Dupré). Il a fait ses études d’organiste à
Keble College, Oxford, puis au Collège royal de Musique comme pianiste et
chanteur. Il combine actuellement une carrière de soliste internationale
couronnée de succès et un poste d’enseignant à l’Académie Royale de
Musique. Il a composé une série de cantiques du matin et du soir pour
Jonathan Rees-Williams et le chœur de la chapelle Saint Georges de Windsor
Castle pendant l’été 2001, cantiques qui ont été diffusés pour la première
fois par le chœur de BBC Radio 3 en mai 2002. O be joyful in the Lord
(Jubilate ; Psaume 100) est un hommage affectueux à un certain nombre
d’oeuvres influentes, tout particulièrement les cantiques Aedis Christi
brillants et injustement ignorés de Sebastian Forbes qu’il cite dans les
dernières mesures. On discerne également des références discrètes à la
musique de Graham Whettam et de William Walton au niveau de certains
rythmes et du choix des contours mélodiques.
Le prolifique caméléon musical qu’est Richard Rodney Bennett (né en
1936) a fait ses études de musique à l’Académie Royale de Musique avec un
séjour de deux ans à Paris sous la tutelle de Pierre Boulez. La première
musique jazz de film de Bennett date de cette période et c’est cet aspect
populaire de sa création musicale qu’il a su marier avec une maîtrise
technique impressionnante dans ses symphonies, concertos, opéras et œuvres
de musique chorale et instrumentale qui sont caractérisés par la fraîcheur
unique de leur style. Abandonnant rarement la tonalité dans ses
compositions, Bennett a développé une palette harmonique hautement
individuelle qui combine facilité d’accès et grande sophistication au plan
de la composition. Sermons and devotions est une œuvre commandée
par les King’s Singers pour célébrer leur vingt-cinquième anniversaire.
Nous entendons l’une des cinq mises en musique des méditations
métaphysiques de John Donne : The seasons of his mercies (Les
saisons de ses miséricordes). C’est une mise en musique syllabique sous un
format largement ternaire, articulée par une section centrale pour ténor
solo. L’harmonie aigre-douce des lignes lentes reflète de manière
irrésistible l’intimité poétique du texte.
My song is love unknown (Mon chant est celui d’un amour que je
ne connais pas) de Francis Pott met en musique tous les vers bien connus
de Samuel Crossman sauf un (souvent omis lorsque le poème est chanté comme
un hymne). La composition s’ouvre par des mesures répétées sur les temps
faibles inspirées, de manière appropriée, de l’ouverture du poème
symphonique de Richard Strauss, Mort et Transfiguration.
Initialement, seules sont audibles les voix d’alto et de soprano. Le flux
du poème de Crossman est bientôt sujet à une interruption éminemment
dramatique. Après une déformation harmonique des mesures initiales
évocatrice d’anxiété, le mot ‘crucifiez’ se fait entendre pour la première
fois, initialement comme un simple murmure des voix de basse intervenant
en assonance avec d’autres mots du texte chanté par les voix d’alto et de
soprano et restant à peine discernable comme s’il était le fruit de
l’imagination. Eventuellement, cependant, les cris de ‘Hosanna’ entrent en
collision avec la marée ascendante des ‘Crucifiez’ et les ‘Hosanna’
battent en retraite comme des moutons jusqu’à ce qu’une seule voix de
soprano—osant répéter sur un ton plaintif le mot offensant—soit repoussée
par la clameur des protestations meurtrières. Eventuellement, le mot
‘Crucifiez’ réapparaît pour culminer à nouveau dans une seconde clameur de
colère avant le retour du thème de l’ouverture qui se développe en une
dernière longue section polyphonique pour double choeur et solistes SATB.
La culmination principale de l’œuvre s’apaise ensuite peu à peu pour faire
place à l’épilogue, dominée par la plainte douloureuse d’un soliste
soprano à qui la musique in toto a déjà présenté bien des difficultés. Le
chant se termine dans le ton et le mode de son ouverture. La très grande
difficulté de la partition de l’orgue suggère la possibilité d’une
orchestration éventuelle. My Song is love unknown a été composé à
la mémoire de Michael Renton, un artisan et homme de la Renaissance
essentiellement autodidacte qui était non seulement membre de la
congrégation de la cathédrale de Winchester mais également le maçon et
tailleur de pierres de la cathédrale. Il était cher à un grand nombre de
membres de la communauté rassemblée autour de la cathédrale, artiste
humble et authentique, dont les rares qualités semblent avoir été dans
l’esprit de Traherne lorsqu’il a écrit : ‘Quiconque participe au mystère
de la Félicité doit distinguer les objets de son bonheur et apprendre à en
tirer la plus grande joie possible et discerner également les puissances
de son âme grâce auxquelles il lui est donné d’en tirer son allégresse’.
My song is love unknown a été composé pour le Festival des
Cathédrales du Sud à Winchester en 2002.
Jeremy Filsell, janvier 2003
Notes sur My song is love unknown © Francis Pott, 2002
Textes Chantés 1. Dove: Seek him that maketh the seven stars
Seek him that maketh the seven stars and Orion.
Seek him that turneth the shadow of death into the morning.
Alleluia.
Yea, the darkness shineth as the day, the night is light about me.
Recherche celui qui a créé les sept étoiles et Orion.
Recherche celui qui a transformé en aurore l’ombre de la mort.
Alléluia.
Oui, l’ombre brille comme le jour et la nuit est lumière tout autour de
moi. 2. Pott: The souls of the righteous The souls of the
righteous are in the hand of God and there shall no torment touch them. In
the sight of the unwise they seemed to die: and their departure is taken
for misery, and their going from us to be utter destruction: but they are
in peace. Amen. Les âmes des justes sont entre les mains de Dieu là
où aucun tourment ne saurait les atteindre. Dans la vue des imprudents, il
semble qu'ils soient morts : et leur départ semble un grand malheur, et le
fait qu'ils nous ont quitté semble n'être que destruction : mais ils sont
dans la paix. Amen. 3. Swayne: Magnificat Magnificat anima
mea Dominum.
Et exultavit spiritus meus in Deo salutari meo,
Quia respexit humilitatem ancillae suae, ecce enim ex hoc beatam me dicent
omnes generationes.
Quia fecit mihi magna qui potens est, et sanctum nomen eius.
Et misericordia eius a progenie in progenies timentibus eum.
Fecit potentiam in bracchio suo, dispersit superbos mente cordis sui.
Deposuit potentes de sede, et exaltavit humiles.
Esurientes implevit bonis, et divites dimisit inanes.
Suscepit Israel puerum suum, recordatus misericordiae suae.
Sicut locutus est ad patres nostros, Abraham et semini eius in secula.
Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto.
Sicut erat in principio et nunc et semper: Et in secula seculorum. Amen.
Mon âme glorifie le Seigneur ;
et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur.
Car il a daigné regarder la bassesse de sa servante.
Et, voyez, à compter de ce jour, toutes les générations m’appelleront
bénie.
Car lui qui est si puissant m’a glorifié ; et saint est son nom.
Et il est miséricordieux envers ceux qui le craignent, à travers les
générations.
Il a montré la puissance de son bras ;
il a fait fuir les orgueilleux qui le craignent dans leur coeur.
Il a fait chanceler les puissants ; et il a exalté l’humble et le doux.
Il a nourri ceux qui ont faim ; et il a renvoyé le riche les mains vides.
Se souvenant de sa miséricorde, il a sauvé son servant, Israël.
Comme il l’avait promis à nos aïeuls ; Abraham et sa postérité à tout
jamais.
Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit ;
comme il était au commencement, comme il est aujourd’hui et comme il le
restera dans les siècles des siècles : Amen. 4. Tavener: Mother
and child Enamoured of its gaze
the mother’s gaze in turn
contrives a single beam of light
along which love may move.
Through seeing, through touch,
through hearing the new-born heart
conduits of being join.
So is the image of that heaven within started into life.
As in the first was adoration
another consciousness has come to praise
the single theophanic light
that threads all entrants here:
this paradise where all is formed of love
as flame to flame is lit. Eprise de son regard,
le regard de la mère produit à son tour
un rayon de lumière
le long duquel l’amour peut circuler.
Par la vue, par le toucher,
par l’écoute du coeur du nouveau-né,
deux êtres s’unissent.
Et c’est ainsi que prend vie l’image de ce paradis intérieur.
Comme au début était l’adoration, une autre conscience est née qui célèbre
l’unique lumière théophanique dans laquelle sont tissés tous ceux qui
viennent à la vie : ce paradis où tout prend forme par l’amour comme la
flamme s’allume à la flamme. 5. L’Estrange: Lute-book lullaby
Sweet was the song the virgin sang,
when she to Bethlem Juda came and was delivered of a son, that blessed
Jesus hath to name:
lulla, lulla lullaby.
‘Sweet babe,’ sang she, ‘my son, and eke a saviour born,
who hast vouchsafed from on high to visit us that were forlorn:
lulla, lulla lullaby’.
And rocked him sweetly on her knee. Doux était le chant de la vierge,
lorsqu’elle vint à Bethléem
Juda pour y donner naissance à un fils
qui reçut le nom béni de Jésus :
Lulla, lulla lullaby.
‘Doux bébé,’ chantait-elle,
‘mon fils, le sauveur est né,
qui nous est envoyé par le ciel,
nous qui sommes dans la détresse :
lulla, lulla lullaby’.
Et elle le berçait doucement sur son genou. 6. Filsell: O be joyful
in the Lord O be joyful in the Lord all ye lands.
Serve the Lord with gladness and come before his presence with a song.
Be ye sure that the Lord he is God.
It is he that hath made us and not we ourselves.
We are his people and the sheep of his pasture.
O go your way into his gates with thanksgiving, and into his courts with
praise.
Be thankful unto him and speak good of his name.
For the Lord is gracious, his mercy is everlasting, and his truth endureth
from generation to generation.
Glory be to the Father and to the Son and to the Holy Ghost. As it was in
the beginning, is now and ever shall be, world without end. Amen. O
vivez joyeux dans la paix du Seigneur partout sur la terre. Servez le
Seigneur avec allégresse et venez vous présenter devant lui en chantant.
Dans la certitude que le Seigneur est Dieu.
C’est lui qui nous a créés, nous ne nous sommes point créés nous-mêmes.
Nous sommes son peuple et les brebis de sa pâture. O suivez votre chemin
jusqu’à ses portes avec des actions de grâce et entrez dans sa demeure
pleins de louanges. Montrez votre gratitude envers lui et entourez son nom
de louanges.
Car le Seigneur est plein de grâce, sa miséricorde est éternelle et sa
vérité perdure de génération en génération.
Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit.
Comme au commencement, aujourd’hui et sans fin dans les siècles des
siècles, Amen. 7. Bennett: The seasons of his mercies God
made sun and moon to distinguish seasons, and day and night,
and we cannot have the fruits of the earth but in their seasons;
but God hath made no decree to distinguish the seasons of his mercies.
In Paradise the fruits were ripe the first minute, and in Heaven it is
always autumne.
His mercies are ever in their maturity.
If some King of the earth have so large an extent of dominion, in north
and south,
as that he hath winter and summer together in his dominions,
so large an extent east and west as that he hath day and night together in
his dominions, much more hath God mercy and judgement together.
He brought light out of darknesse, not out of a lesser light:
he can bring thy summer out of winter, though thou have no spring;
though in the ways of fortune or understanding or conscience, thou have
been benighted till now;
wintered and frozen, clouded and eclipsed, damped and benummed, smothered
and stupefied till now.
Now God comes to thee, not as in the dawning of the day,
not as in the bud of the spring,
but as the sun at noon, to illustrate all shadows, as the sheaves in
harvest to fill all penuries.
All occasions invite his mercies, and all times are his seasons.
Dieu a fait le soleil et la lune pour distinguer les saisons et le jour de
la nuit,
et nous ne pouvons avoir les fruits de la terre que lorsqu’ils sont en
saison.
Mais Dieu n’a rien décrété qui puisse distinguer les saisons de sa
miséricorde ;
au paradis les fruits sont mûrs dès le premier instant et dans le ciel,
c’est toujours l’automne.
Car sa miséricorde est toujours à maturité.
Imaginez un roi de la terre dont le royaume s’étend si loin au nord et au
sud,
que l’hiver et l’été interviennent simultanément dans ses dominions,
dont le domaine est si vaste à l’est et à l’ouest qu’il fait jour et nuit
concurremment dans son royaume, comme il est bien plus vrai que la
miséricorde et le jugement règnent ensemble dans le royaume de Dieu.
Il tire la lumière de la nuit et non d’une lumière moins intense : il tire
l’été de l’hiver, sans qu’il soit besoin du printemps ;
mais dans les aléas du sort, de l’esprit ou de la conscience, tu as été
plongé dans les ténèbres jusqu’à maintenant, tu as connu l’hiver et le
froid, les nuages et les éclipses, tu as été trempé et engourdi, étouffé
et hébété jusqu’à présent.
Maintenant Dieu vient à toi, non comme le jour s’annonce dans l’aube,
non comme le printemps s’annonce dans la jeune pousse, mais comme le
soleil à midi, pour chasser toutes les ombres, comme les gerbes pendant la
récolte pour assouvir toutes les faims.
Toutes les occasions invitent sa miséricorde et toutes les saisons sont
ses saisons. 8. Pott: My song is love unknown My song is
love unknown; my saviour’s love to me;
love to the loveless shown, that they might lovely be.
O who am I, that for my sake
my Lord should take frail flesh and die? He came from his blest
throne, salvation to bestow,
but men made strange, and none the longed-for Christ would know.
But O, my friend, my friend indeed,
Who at my need his life did spend. Sometimes they strew his way,
and his sweet praises sing;
resounding all the day hosannas to their king.
Then ‘crucify’ is all their breath,
And for his death they thirst and cry. Why, what hath my Lord
done? What makes this rage and spite?
He made the lame to run, he gave the blind their sight.
Sweet injuries! Yet they at these themselves displease, and ’gainst him
rise! They rise and needs will have my dear Lord made away;
a murderer they save, the prince of life they slay.
Yet cheerful he to suff’ring goes,
that he his foes from thence might free. Here might I stay and
sing, no story so divine;
never was love, dear king! Never was grief like thine.
This is my friend, in whose sweet praise
I all my days could gladly spend. Amen. Mon chant est celui d’un
amour que je ne connais pas ; l’amour que mon sauveur a pour moi.
L’amour dispensé à ceux qui sont sans amour et qui les rend dignes
d’amour.
O qui suis-je donc pour justifier que mon Seigneur se fasse chair et meure
pour mon salut ? Il est venu du haut de son trône béni pour nous
apporter le salut mais les hommes ne l’ont pas reconnu, ils n’ont pas
reconnu en lui le messie si longtemps attendu.
Mais O mon ami, mon grand ami, qui a donné sa vie pour mon salut.
Quelquefois, ils jonchent de fleurs son chemin et ils chantent ses douces
louanges et l’air résonne toute la journée des hosannas qu’ils dédient à
leur roi.
Mais ensuite ils n’ont plus de souffle que pour crier ‘crucifiez’ et ils
hurlent avides d’obtenir sa mort. Pourquoi, qu’a fait mon Seigneur qui
puisse justifier cette rage et ce dépit ?
Celui qui boitait, il lui a permis de courir et il a rendu la vue à
l’aveugle.
Singulières offenses ! Qui suscitent pourtant la colère et qui les font se
soulever contre lui ! Ils se soulèvent et ils exigent que l’on amène
mon cher Seigneur ; ils sauvent un assassin et ils envoient à la mort le
prince de la vie.
Cependant, celui-ci se dirige allégrement vers son supplice, qui est
destiné à libérer ses ennemis. C’est de cela que je veux chanter, aucune
histoire n’est aussi divine ; jamais il n’y eut d’amour, cher roi, jamais
il n’y eut de souffrance comparable à la tienne.
C’est mon ami et je voudrais pouvoir passer toutes les heures de ma vie à
chanter ses douces louanges. Amen. |
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Jonathan Dove: Seek him that maketh the seven stars |
[6:28] |
| 2 |
Francis Pott: The souls of the righteous |
[9:34] |
| 3 |
Giles Swayne: Magnificat |
[4:05] |
| 4 |
Sir John Tavener: Mother and Child |
[12:44] |
| 5 |
Alexander L’Estrange: Lute-book lullaby |
[4:17] |
| 6 |
Jeremy Filsell: O be joyful in the Lord |
[2:16] |
| 7 |
Richard Rodney Bennett: The seasons of his mercies |
[6:23] |
| 8 |
Francis Pott: My song is love unknown
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[17:31] |
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Total running time: |
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