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Gesualdo: Tenebrae Responsories
for Maundy Thursday


 

The King's Singers

David Hurley
Robin Tyson
Paul Phoenix
Philip Lawson
Gabriel Crouch
Stephen Connolly


"... searingly intense, with the singers' clear, steady sound, beautifully judged changes of pace and dynamics ..."

Daily Telegraph

  "The King's Singers are always a treat to hear, ... as with everything this inimitable, impeccably-tuned and balanced, stylish male sextet does, the chant is expertly accomplished, and the following multi-part responsories are sincerely felt and warmly resonant"

David Vernier, Classictoday.com

    "... their reputation for after-dinner smoothness, the King's Singers  .... all-male line-up  .... makes those grinding climaxes all the more tense and penetrating, and the attention given to word-painting is exemplary"

Ivan Hewitt, The Times

    "... a no holds barred, immaculately sung performance from the King's Singers. Unmissable"

Classic FM Magazine

 

Commentaire

Depuis quelques dizaines d’années, les représentations plus fréquentes de musique ancienne nous permettent enfin de ne plus restreindre Gesualdo à un simple compositeur excentrique mais de lui reconnaître un rôle important dans l’histoire de la musique. La tradition voulait que Gesualdo ait été seulement un compositeur amateur, en raison de son écriture nerveuse et morcelée. Les arguments ne manquaient pas : l’auteur s’était lancé dans des expériences musicales menant à une impasse, il n’avait acquis ni élèves ni admirateurs, ses compositions n’avaient pas exercé d’influence sur ses successeurs, et enfin, la frénésie et la brusquerie des sursauts et des cassures de ses blocs d’accords ne pouvaient être que les efforts futiles et pathétiques d’un compositeur incapable de suivre les règles.

Ce jugement s’est révélé, bien sûr, dénué de fondement. Mais il a fallu attendre la fin du vingtième siècle, marqué par des compositeurs aussi singuliers et inhabituels que Partch, Satie, Webern, Langgaard et Cage, pour restituer à Gesualdo sa véritable place à son époque. L’idée que Gesualdo est un excentrique est contredite, qui plus est, par la découverte assez récente qu’il rentre dans un mouvement musical de plus grande envergure : cette école napolitaine de compositeurs partageant dans une certaine mesure un style musical très expressif et sensuel, tels Nenna, Macque et Lacorcia, même s’ils ne sont pas aussi brillants que Gesualdo lui-même.

Lorsque la biographie révolutionnaire de Glenn Watkins parut en 1973, elle avait pour introduction une préface élogieuse écrite par Stravinsky en 1968. Ce compositeur russe sensible à l’Histoire s’était inspiré de pièces de Gesualdo dans plusieurs de ses dernières œuvres, et l’enthousiasme du vieux maître pour l’ancien compositeur lança une quasi-renaissance de Gesualdo basée sur les solides recherches parfaitement documentées de Glenn Watkins.

Qui était donc Gesualdo? Il nous faut comprendre qu’il évoluait dans les milieux les plus huppés d’Italie, puisque son oncle, le cardinal Charles Borromée, était l’un des personnages les plus puissants et influents de ce pays. Sa famille était extrêmement aisée, ce qui le distinguait radicalement de ses collègues compositeurs. Dès son plus jeune âge, il était fou de musique : il apprit à jouer du luth et du clavier en virtuose et ses premières compositions furent publiées avant ses vingt ans. La position de sa famille lui assura le privilège rare de pouvoir écrire exactement ce qu’il voulait. Son tempérament impétueux et capricieux associé à ses tendances sexuelles sado-masochistes expliquent pourquoi il donna libre cours à tous ses penchants, quels qu’ils soient, y compris dans ses compositions.

Ce qui nous fascine à tel point dans sa musique, quatre siècles après sa composition, est précisément la sincérité absolue que nous pouvons y déceler. Nous découvrons ainsi un personnage éprouvé et désespéré, mais également passionné et débordant de tendresse, qui désire follement écrire une musique ‘plus extrême’ que quiconque. Ses compositions sont d’ailleurs si saisissantes qu’elles conservent le pouvoir de nous surprendre même après maintes écoutes, ce qui n’est pas sans rappeler celles de Berlioz, autre génie d’avant-garde au bord de la folie.

L’année exacte de la naissance de Gesualdo demeure inconnue, mais on a longtemps estimé qu’il était né aux environs de 1560. Lorsque Watkins publia en 1991 une version révisée de sa biographie, il y inclut des arguments assez probants démontrant que cette date aurait pu être aussi tardive que 1566. Cette thèse ne fait pas encore l’unanimité, mais si elle est exacte, Gesualdo était beaucoup plus jeune que son épouse. Cela pourrait avoir été une source de tension entre eux et expliquer comment le prince en vint à tuer sa femme de ses propres mains et à faire assassiner en même temps son amant. Il n’était certes pas inhabituel pour les aristocrates de se débarrasser de leurs ennemis, mais c’était normalement par le biais de tueurs à gages. Lorsque le mariage entre Gesualdo et Maria d’Avalos fut arrangé à des fins politiques, le jeune prince-musicien aurait été un jeune homme manquant d’expérience, âgé de 19 ans seulement, alors que son épouse en avait 25. Maria était déjà deux fois veuve et avait eu des enfants de ses deux premiers mariages ; célèbre et adulée, elle avait la réputation d’être la plus jolie femme du gotha napolitain. Pour commencer, les jeunes mariés semblèrent se porter une véritable affection, mais la vie mondaine de Maria reprit rapidement son emprise, et il est facile de comprendre qu’une jalousie extrême et incessante ait envahi notre jeune compositeur à la sensibilité exacerbée. Au bout de quatre années, il ne put plus supporter ce manège et engagea des tueurs à gages pour l’aider à assassiner femme et amant, surpris au lit. Les détails du rapport médical nous apprennent qu’elle reçut 53 coups de dague, la plupart dans le bas du corps. La rage de Gesualdo devait atteindre des proportions homériques : il abattit ensuite de ses propres mains un énorme taillis sur son domaine. Quatre années plus tard il épousa Éléonore d’Este, qui appartenait à la célèbre dynastie des Ferrare. Ses deux femmes lui donnèrent des enfants mais ceux-ci devaient tous disparaître prématurément ; le dernier de ses fils à avoir survécu décéda quelques mois avant son père. Gesualdo lui-même, solitaire et désespéré, s’éteignit en 1613, dans son château près de Naples.

Ce qui le poussa à écrire de la musique sacrée devait être, pour citer Bach, Bus’ und Reu’ (Pénitence et Regret). Le meurtre de sa première femme le frappa d’un profond sentiment toujours croissant de culpabilité. Il ne se libéra jamais de ses remords et une véritable atmosphère de contre-réforme assombrit toute sa musique religieuse. Son choix de textes est caractéristique. De même que dans ses madrigaux préférés, ces extraits de la Bible débordent de souffrance et de remords. Il serait difficile, sinon impossible, de trouver un compositeur de la Renaissance dont la vie et l’œuvre soient aussi étroitement liées.

Bo Holten, janvier 2004


Le programme de ce CD ne représente qu’une partie de la liturgie des matines pour les trois derniers jours de la Semaine sainte, le Triduum Sacrum. Pendant cette période solennelle, la liturgie de l’office divin est réduite à sa plus simple expression et se rapproche par sa structure de celle de l’Église primitive, élaguant les additions médiévales plus tardives [John Harper, The Forms and Orders of Western Liturgy from the Tenth to the Eighteenth Centuries (Oxford: Clarendon, 1991), 140-1]. Les versets d’introduction, le Venite et la doxologie secondaire des psaumes (Gloria Patri) font partie des éléments retirés des matines du Jeudi saint . Malgré ces retranchements, la liturgie complète des matines occuperait beaucoup plus qu’un seul CD, puisqu’elle contiendrait, en plus des pièces chantées sur cet enregistrement, neuf psaumes suivis de leur propre antienne, et six lectures bibliques supplémentaires : chaque série de répons de Gesualdo est conçue pour suivre une lecture de l’Écriture sainte. Il nous faut donc expliquer comment la musique et l’ordre des pièces ont été choisis pour ce disque.

Chaque service des matines du Triduum Sacrum, ou Tenebrae, dont le nom vient du premier mot de l’un des répons du Vendredi saint, est divisé en trois nocturnes, chacun d’entre eux contenant des psaumes, trois lectures et trois répons. Dans le premier nocturne, les trois lectures sont extraites des Lamentations de Jérémie, et chaque verset des Écritures est précédé d’une lettre en hébreu. Ce sont ces lectures qui sont chantées au début de chacune des trois séries de répons de Gesualdo sur cet enregistrement. La décision de ne pas suivre l’ordre des lectures est purement esthétique : celles tirées des Lamentations disposent de leurs propres tonalités de plain-chant, alors que les six autres doivent simplement être chantées sur un seul ton avec des inflexions intermittentes. Les lectures des Lamentations présentent donc beaucoup plus d’intérêt que les autres sur le plan musical, et nous avons choisi de les proposer en les intercalant entre les trois séries de répons, afin d’offrir au moins un avant-goût de la liturgie, bien qu’il soit impossible d’inclure tous les passages chantés du Jeudi saint.

La psalmodie des Lamentations retenue vient de Cantus Ecclesiasticus Officii Maioris Hebdomadae (Rome: A. Phaeus, 1619)2. Bien que cette publication soit légèrement postérieure à Gesualdo, son accentuation très claire des mots est tout à fait dans la ligne de la manière du compositeur, bien que beaucoup moins théâtrale.

La partie finale du service commence avec le cantique de Zacharie, Benedictus Dominus Deus Israel, précédé et suivi de son antienne, Traditor autem. Gesualdo traite le cantique en alternatim, et l’antienne et les versets de nombre pair sont également tirés de l’ouvrage de Phaeus. Après la répétition de l’antienne, on chante le verset Christus factus est ; les jours suivants du Triduum, on ajoute des mots supplémentaires jusqu’au Samedi saint, où l’on peut entendre le texte entier, tel que mis en musique plusieurs siècles plus tard par Anton Bruckner. Ainsi se conclut la partie chantée de l’office.

Stephen Rice, février 2004


La couverture de cet album associe les deux thèmes qui donnent une telle puissance à Tenebrae Responsories de Gesualdo : sa propre vie, dévastée par le sang de son crime, et la piété dans laquelle il chercha refuge après les évènements d’octobre 1590. Les cierges représentent la Herse des Ténèbres, un chandelier triangulaire antérieur au septième siècle. Pendant l’office religieux qui fait l’objet de cet album, les cierges sont éteints l’un après l’autre en alternance de chaque côté du chandelier à partir de la base. Étant donné qu’il y a neuf psaumes dans les matines et cinq dans les laudes, le cierge le plus haut est laissé allumé. À chacun des six derniers versets du Benedictus, un des cierges de l’autel est également éteint, ne laissant qu’un seul cierge allumé dans l’église. Le symbolisme de cette herse peut s’expliquer de diverses manières. La plus populaire suggère que le Triangle évoque la Sainte Trinité, les quatorze cierges représentent les onze apôtres ainsi que les trois Marie, et le cierge du haut figure Jésus-Christ. Une autre explication considère que la Sainte Vierge, dont la foi n’a jamais fléchi, est évoquée par le cierge qui reste allumé, tandis que l’extinction progressive des autres cierges illustre l’abandon du Christ par ses disciples et ses apôtres.

The King’s Singers, February 2004

Textes Chantés

1. Lectio I

Incipit lamentationem Hieremiae prophetae.

Aleph
Quomodo sedet sola civitas plena populo; facta est quasi vidua domina gentium: princeps provinciarum facta est sub tributo.

Beth
Plorans ploravit in nocte, et lacrimae eius in maxillis eius: non est qui consoletur eam, ex omnibus caris eius. Omnes amici eius spreverunt eam, et facti sunt ei inimici.

Gimel
Migravit Iudas propter afflictionem, et multitudinem servitutis, habitavit inter gentes, nec invenit requiem. Omnes persecutores eius apprehenderunt eam inter angustias.

Daleth
Viae Sion lugent; eo quod non sint, qui veniant ad solemnitatem. Omnes portae eius destructae: sacerdotes eius gementes, virgines eius squalidae, et ipsa oppressa amaritudine.

He
Facti sunt hostes eius in capite, inimici eius locupletati sunt: quia Dominus locutus est super eam, propter multitudinem iniquitatem eius. Parvuli eius ducti sunt in captivitatem, ante faciem tribulantis.

Hierusalem, Hierusalem, convertere ad dominum Deum tuum.

The beginning of the lamentations of Jeremiah.

Aleph
How doth the city sit solitary, that was full of people! How is she become as a widow! She that was great among the nations, and princess among the provinces, how is she become tributary.

Beth
She weepeth sore in the night, and her tears are on her cheeks: among all her lovers she hath none to comfort her: all her friends have dealt treacherously with her, they are become her enemies.

Gimel
Judah is gone into captivity because of affliction, and because of great servitude: she dwelleth among the heathen, she findeth no rest: all her persecutors overtook her between the straits.

Daleth
The ways of Zion do mourn, because none come to the solemn feasts: all her gates are desolate: her priests sigh, her virgins are afflicted, and she is in bitterness.

He
Her adversaries are the chief, her enemies prosper; for the Lord hath afflicted her for the multitude of her transgressions: her children are gone into captivity before the enemy.

Jerusalem, Jerusalem, return unto the Lord thy God.

2. In Monte Oliveti

Responsory
In monte Oliveti oravit ad Patrem: Pater, si fieri potest, transeat a me calix iste: Spiritus quidem promptus est, caro autem infirma, fiat voluntas tua.

Verse
Vigilate, et orate, ut non intretis in tentationem.

Responsory
On mount Olivet he prayed to his father: Father, if it be possible, let this cup pass away from me: the spirit indeed is ready, but the flesh weak.

Verse
Watch and pray, that ye enter not into temptation.

3. Tristis est anima

Responsory
Tristis est anima mea usque ad mortem: sustinete hic, et vigilate mecum: nunc videbitis turbam, quae circumdabit me: Vos fugam capietis, et ego vadam immolari pro vobis.

Verse
Ecce appropinquat hora, et filius hominis tradetur in manus peccatorum.

Responsory
My soul is sorrowful even unto death: stay here and watch with me: now shall ye see the crowd that shall surround me: ye shall take flight, and I shall go to be offered up for you.

Verse
Behold the time draweth nigh, and the son of man shall be delivered into the hands of sinners.

4. Ecce vidimus

Responsory
Ecce vidimus eum non habentem speciem, neque decorem: aspectus ejus in eo non est: hic peccata nostra portavit, et pro nobis dolet: ipse autem vulneratus est propter iniquitates nostras: cujus livore sanati sumus.

Verse
Vere languores nostros ipse tulit, et dolores nostros ipse portavit.

Responsory
Lo, we have seen him without comeliness or beauty: His look is gone from him: he hath borne our sins and suffered for us: He was wounded for our iniquities: by his stripes are we healed.

Verse
Truly he hath borne our infirmities and carried our sorrows.

5. lectio II

Vau
Et egressus est a filia Sion omnis décor eius: facti sunt principes eius velut arietes non invenientes pascua, et abierunt absque fortitudine: ante faciem subsequentis.

Zain
Recordata est Hierusalem dierum afflictionis suae, et praevaticationis, omnium desiderabilium suorum, quae habuerat a diebus antiquis, cum caderet populus eius in manu hostili, et non esset auxiliator. Viderunt eam hostes, et deriserunt Sabbatha eius.

Heth
Peccatum peccavit Hierusalem, proptereainstabilis facta est. Omnes qui glorificabant eam, spreverunt illam: quia viderunt ignominiam eius. Ipsa autem gemens, conversa est retrorsum.

Teth
Sordes eius in pedibus eius, nec recordata est finis sui. Deposita est vehementer, non habens consolatorem. Vide Domine afflictionem meam, quoniam erectus est inimicus.

Hierusalem, Hierusalem, convertere ad dominum Deum tuum.

Vau
And from the daughter of Zion all her beauty is departed: her princes are become like harts that find no pasture, and they are gone without strength before the pursuer.

Zain
Jerusalem remembered in the days of her affliction and of her miseries all her pleasant things that she had in the days of old, when her people fell into the hand of the enemy, and none did help her: the adversaries saw her, and did mock at her Sabbaths.

Heth
Jerusalem hath grievously sinned; therefore she is removed: all that honoured her despise her, because they have seen her nakedness: yea, she sigheth, and turneth backward.

Teth
Her filthiness is in her skirts; she remembereth not her last end; therefore she came down wonderfully: she had no comforter. O Lord, behold my affliction: for the enemy hath magnified himself.

Jerusalem, Jerusalem, return unto the Lord your God.

6. Amicus meus

Responsory
Amicus meus osculi me tradidit signo: quem osculatus fuero, ipse est, tenete eum: hoc malum fecit signum, qui per osculum adimplevit homicidum: Infelix praetermisit pretium sanguinis, et in fine laqueo se suspendit.

Verse
Bonum erat ei, si natus non fuisset homo ille.

Responsory
My friend betrayed me by the token of a kiss: whom I shall kiss, that is he, hold him fast: that was the wicked token which he gave, who by a kiss accomplished murder: unhappy man, he relinquished the price of blood, and in the end hanged himself.

Verse
It had been good for that man, if he had never been born.

7. Judas mercator

Responsory
Judas mercator pessimus osculo petiit Dominum: ille ut agnus innocens non negavit Judae osculum: denariorum numero Christum Judaeis tradidit.

Verse
Melius illi erat, si natus non fuisset.

Responsory
Judas, worst of the traffickers, approached the Lord with a kiss: he like an innocent lamb refused not the kiss of Judas: for a few pence he delivered Christ to the Jews.

Verse
It had been better for him if he had never been born.

8. Unus ex discipulis

Responsory
Unus ex discipulis meis tradet me hodie: vae illi per quem tradar ego: melius illi erat, si natus non fuisset.

Verse
Qui intingit mecum manum in paropside, hic me traditurus est in manus peccatorum.

Responsory
One of my disciples will this day betray me: woe to him by whom I am betrayed: it had been better for him if he had not been born.

Verse
He that dippeth his hand with me in the dish, he it is that will deliver me into the hands of sinners.

9 Lectio III

Iod
Manum suam misit hostis ad omnia desiderabilia eius: quia vidit gentes ingressas sanctuarium suum, de quibus praeceperas, ne intrarent in Ecclesiam tuam.

Caph
Omnis populus eius gemens, et quaerens panem, dederunt praetiosa quaeque pro cibo ad refocillandam animam. Vide, Domine, et considera; quoniam facta sum vilis.

Lamed
O vos omnes, qui transitis per viam, attendite, et videte, si est dolor sicut dolor meus: quoniam vindemiavit me, ut locutus est dominus in die irae furoris sui.

Mem
De excelso misit ignem in ossibus meis, et erudivit me: expandit rete pedibus meis, convertit me retrorsum. Posuit me desolatum, tota die moerore confectam.

Nun
Vigilavit iugum iniquitatum mearum: in manu eius convolutae sunt, et impositae collo meo: infirmata est virtus mea, dedit me dominus in manum, de qua non potero surgere.

Hierusalem, Hierusalem, convertere ad dominum Deum tuum.

Iod
The adversary hath spread out his hand upon all her pleasant things: for she hath seen that the heathen entered into her sanctuary, whom thou didst command that they should not enter into thy congregation.

Caph
All her people sigh, they seek bread: they have given their pleasant things for meat to relieve the soul: see, O Lord, and consider: for I am become vile.

Lamed
Is it nothing to you, all ye that pass by? Behold, and see if there be any sorrow like unto my sorrow, which is done unto me, wherewith the Lord hath afflicted me in the day of his fierce anger.

Mem
From above hath he sent fire into my bones, and it prevaileth against them: he hath spread a net for my feet, he hath turned me back: he hath made me desolate and faint all the day.

Nun
The yoke of my transgressions is bound by his hand: they are wreathed, and come up upon my neck: he hath made my strength to fall, the Lord hath delivered me into their hands, from whom I am not able to rise up.

Jerusalem, Jerusalem, return unto the Lord your God.

10. Eram quasi

Responsory
Eram quasi agnus innocens: ductus sum ad immolandum, et nesciebam: consilium fecerunt inimici mei adversum me, dicentes: venite, mittamus lignum in panem ejus, et eradamus eum de terra viventium.

Verse
Omnes inimici mei adversum me cogitabant mala mihi: verbum iniquum mandaverunt adversum me, dicentes:

Responsory
I was like an innocent lamb: I was led to the sacrifice and I knew it not: my enemies conspired against me, saying: come, let us put wood into his bread, and root him out of the land of the living

Verse
All my enemies contrived mischief against me: they uttered a wicked speech against me, saying:

11. Una hora non potuistis

Responsory
Una hora non potuistis vigilare mecum, qui exhortabamini mori pro me? Vel Judam non videtis, quomodo non dormit, sed festinat tradere me Judaeis?

Verse
Quid dormitis? Surgite, et orate, ne intretis in tentationem.

Responsory
Could ye not watch one hour with me, ye that were ready to die for me? Or see ye not Judas, how he maketh haste to betray me to the Jews?

Verse
Why sleep ye? Arise and pray, lest ye enter into temptation.

12. Seniores populi consilium

Responsory
Seniores populi consilium fecerunt: ut Jesum dolo tenerent, et occiderent: cum gladiis et fustibus exierunt tamquam ad latronem.

Verse
Collegerunt pontifices et pharisaei concilium.

Responsory
The Elders of the people consulted together: how they might by craft apprehend Jesus and slay him: with swords and clubs they went forth as to a thief.

Verse
The priests and the pharisees held a council.

13. Benedictus

Antiphon
Traditor autem dedit eis signum dicens: quem osculatus fuero, ipse est, tenete eum.

1. Benedictus Dominus Deus Israel: quia visitavit, et fecit redemptionem plebis suae.
2. Et erexit cornu salutis nobis: in domo David, pueri sui.
3. Sicut locutus est per os sanctorum: quia saeculo sunt prophetarum eius.
4. Salutem ex inimicis nostris: et de manu omnium qui oderunt nos.
5. Ad faciendam misericordiam cum patribus nostris: et memorari testamenti sui sancti.
6. Jusjurandum, quod juravit ad Abraham, patrem nostram: daturum se nobis.
7. Ut sine timore: de manu inimicorum nostrorum liberati, serviamus illi.
8. In sanctitate, et justitia coram ipso: omnibus diebus nostris.
9. Et tu, puer, Propheta Altissimi vocaberis: praeibis enim ante faciem Domini parare vias ejus.
10. Ad dandam scientiam salutis plebi eius: in remissionem peccatorum eorum.
11. Per viscera misericordiae Dei nostri: in quibus visitavit nos, oriens exalto.
12. Illuminare his, qui in tenebris, et in umbra mortis sedent: ad dirigendos pedes nostros in viam pacis.

Antiphon
Traditor autem dedit eis signum dicens: quem osculatus fuero, ipse est, tenete eum.

Antiphon
And he that betrayed him had given them a token saying: whomsoever I shall kiss, that same is he, take him.

1. Blessed be the Lord God of Israel: because He hath visited and wrought the redemption of His people.
2. And he hath raised up the horn of salvation to us: in the house of David His servant.
3. As he spoke by the mouth of His holy Prophets: who are from the beginning.
4. Salvation from our enemies: and from the hand of all that hate us.
5. To work mercy with our fathers: and remember his holy testament.
6. The oath which he swore to Abraham our Father: that he would grant us.
7. That being delivered from the hand of our enemies: we may serve him without fear.
8. In holiness and justice before him: all our days.
9. And thou, child, shalt be called the Prophet of the Highest: for thou shalt go before the face of the Lord to prepare his ways.
10. To give the knowledge of salvation to his people: unto the remission of their sins.
11. Through the bowels of the mercy of our God: in which the orient from on High hath visited us.
12. To enlighten them that sit in darkness and in the shadow of death: to direct our feet in the way of peace.

Antiphon
And he that betrayed him had given them a token saying: whomsoever I shall kiss, that same is he, take him.

14. Christus factus est

Christus factus est pro nobis obediens, usque ad mortem.

Christ was made obedient for us, even unto death.

 
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Credits
The King's Singers
Release date: 10th May 2004
Order code: SIGCD048
Barcode: 635212004821
 

 

  Nocturn I  
1 1 Lectio 1 [4:40]
2 In Monte Oliveti [4:39]
3 Tristis est anima mea [4:43]
4 Ecce vidimus eum
[7:26]
  Nocturn II  
5 Lectio 2 [4:16]
6 Amicus meus osculi [3:53]
7 Judas mercator pessimus [2:36]
8 Unus ex discipulis meis

[6:08]
  Nocturn III  
9 Lectio 3 [3:56]
10 Eram quasi agnus innocens [5:11]
11 Una hora non potuistis [3:28]
12 Seniores populi consilium [6:23]
13 Benedictus [7:46]
14 Christus factus est [0:55]
 
Total running time: [60:08]

 


 

[images/index.htm] 10 May 2009