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The
Sultan and the Phoenix
Charivari Agréable Susanne Heinrich with Sarah Groser Commentaire Louis (c.1626-1661), François le Grand (1668-1733) et Armand-Louis (1727-1789) sont les membres les plus illustres de la famille Couperin, musiciens célèbres qui connurent un très grand succès depuis la fin du seizième siècle jusqu’au milieu du dix-neuvième, jouissant d’une aussi grande estime en France que la famille Bach en Allemagne. La notice nécrologique d’Armand-Louis le représente comme successeur digne de ses ancêtres, admirable aussi bien pour l’érudition et le charme de ses compositions et l’éclat de sa technique que pour son don inné de l’enseignement et de la formation (Journal général de France, 7 mars 1789). Les Couperin furent tout d’abord organistes, attachés pendant 173 ans à l’église Saint Gervais à Paris, où Louis fut nommé titulaire le jour de Pâques, 1653. Armand-Louis y laissa sa vie tragiquement, renversé en courant pour aller aux vêpres entre la Sainte Chapelle et Saint Gervais par un cheval emballé. Armand-Louis publia sa collection de musique pour solo de clavecin en 1751 et deux ans plus tard d’Aquin nota que ce fut un jeune homme très prometteur, qui ferait revivre un jour le grand artiste dont il portait le nom (c’est à dire François Couperin). D’Aquin fit l’éloge du génie et de la technique d’Armand-Louis, en qualifiant ses régistres de ‘brillantes’. André Chéron (1695-1766) fut claveciniste et compositeur réputé ; au moment de la sortie de la collection d’Armand-Louis (La Chéron) il était batteur de mesure à l’opéra, responsable des premières de Rameau, Leclair, Pergolèse et Rousseau. En sus de son poste d’organiste à Saint Gervais, en 1656 Louis Couperin fut nommé Ordinaire de la Musique de la Chambre du Roy comme violiste. Dans ce rôle il participa à au moins quatre ballets de cour entre 1655 et 1660. Bien que la plupart de sa musique conservée fut écrite ou pour clavecin ou pour orgue (dont six divisions de basses à la manière de celles pour violes), il nous restent deux fantaisies ‘pour les Violes’ dessus et basse ainsi que deux fantaisies majestueuses pour cordes en cinq parties avec une mesure changeante évocatrice des airs d’opéra, qui furent probablement jouées comme entrées de ballet à la cour. Celle qu’on trouve sur cet enregistrement est datée du 24 avril 1655. La grandeur de La Piémontoise et la profondeur de la Pavanne en fa dièse mineur sont pimentées d’accords augmentés et de suspensions complexes. La Sultane de François Couperin, composée pour une alliance assez insolite de deux dessus, deux violes de gambe et continuo, date des années 1690, quand le goût italien faisait fureur en France. Brossard remarqua dans son Catalogue que ‘tous les compositeurs de Paris, et surtout les organistes, avaient en ce temps-là, pour ainsi dire, la fureur de composer des Sonates à la manière italienne’. Dans la Préface de ‘Les Nations’ de 1726 Couperin raconte qu’il avait lancé ses premières sonates à la manière italienne très astucieusement : ‘Charmé de celles du Signor Corelli... j’hazarday d’en composer
une, que je fis éxécuter dans le Concert ou j’avois entendu celles de
Corelli ; connoissant L’âpreté des françois pour Les Nouveautés-etrangeres,
sur toutes-chose ; et me Déffiant de moy-même, je me rendis, par un
petit mensonge-officieux, un très bone Service. Je feignis, qu’un
parent que j’ay, effectivement, auprés du Roy de Sardaigne, m’avoit
envoyé une Sonade d’un nouvel Auteur italien : Je Rangeai les Lettres
de mon nom, de façon que cela forma un Nom italien que je mis à la
place. La Sonade fut devorée avec empressement ; et je’en tairay
L’apologie. Cela cependant m’encouragea. J’en fis d’autres ; et
mon nom italiénisé m’attira, sous le Masque, de grands applaudissemens.’ Alcione (1706) de Marin Marais (1656-1728) eut un énorme succès auprès des Parisiens ; l’opéra fut repris une fois de son vivant, en 1719, et quatre fois après sa mort, en 1730, 1741, 1756 et 1771—quoique modernisé dans ces dernières représentations par l’inclusion de musique de Leclair, Francoeur, Rameau et autres. L’ample chaconne termine cette tragedie en cinq actes, précédée du choeur ‘Chantons, chantons qu’a nos voix tout réponde, formons milles concerts charmans que nos voix annoncent au monde le triomphe de ces amans’, refrain repris après la chaconne. Pierre Dumage (1674-1751) nous est connu seulement par son Livre d’Orgue de 1712 ; le Récit, sixième mouvement de la suite, se prête bien au pardessus de viole avec continuo. Louis-Antoine Dornel (c.1680-après 1756) fut un autre organiste parisien montrant ce penchant marqué pour la musique italienne signalé par Brossard ; la Sonate en Quatuor se trouve dans son Livre de Simphonies (1709). La Borde nota en 1780 que Dornel ‘avait beaucoup de réputation dans son temps, et la méritait en partie’. Marpurg expliqua en 1754 que Jacques Duphly (1715-1789) ne jouait que du clavecin, par peur, disait-il, de s’abîmer la main à l’orgue. D’Aquin félicita Duphly de ce choix, en citant la bonne réputation à Paris de celui-ci en tant que claveciniste, et en faisant l’éloge de la légèreté de son jeu et de la douceur soutenue des ornements qui traduisaient à merveille la nature de ses pièces. La Causaubon et La Madin viennent du Troisième Livre de Pièces de Claveçin (1756) de Duphly, et furent publiées avec un accompagnement de violon ; elles sont arrangées ici pour deux instruments hauts, à la manière des Pièces de Claveçin en Concerts de Rameau. Le Phénix, concerto pour quatre basses de violes (ou pour violoncelles ou bassons), est né de la plume prolifique et diversifiée de Michel Corrette (1707-1795). Quelques années auparavant, Les Quatre Saisons de Vivaldi, jouées au Concert Spirituel, avaient obtenu un succès foudroyant à Paris. L’influence de Vivaldi est très marquée dans l’oeuvre allante et concentrée de Corrette, où le tutti est mis en contraste avec le solo. Le premier et le dernier mouvements sont débordants d’énergie, tandis que l’adagio central se compose de passages d’une homophonie très riche, pleins de suspensions, juxtaposés avec des mélodies semblables à des airs d’opéra, et chantées avec l’accompagnement d’ une simple basse. Lucy Robinson, 2000 Notes sur l’interprétation Kah-Ming Ng, 2001 |
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