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Master of Musicians:
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Lorsque le duc Ercole I d’Este eut besoin d’un nouveau maestro di cappella pour la musique de sa cour à Ferrare en 1502, il dépêcha ses courtiers à la recherche d’un musicien digne de lui. Un de ses agents lui envoya une lettre dans laquelle il comparait deux des musiciens les plus fameux de l’époque : ‘Isaac s’entend mieux avec ses confrères et il termine plus rapidement ses nouvelles compositions. Il est vrai que Josquin compose mieux, mais il ne travaille que selon son bon plaisir et pas quand on le lui demande, il requiert en outre des honoraires de 200 ducats alors qu’Isaac est prêt à en accepter 120. Votre Seigneurie décidera de ce qu’il convient de faire’.
Le duc Ercole opta pour le choix le plus onéreux et le plus risqué et au cours de l’année suivante, il put disposer des services musicaux de l’un des plus grands génies créateurs de la renaissance européenne, un homme que ses contemporains n’hésitaient pas à comparer à Raphaël et à Michel-Ange. Mais le culte du génie est souvent susceptible d’induire en erreurs : plusieurs compositions attribuées à Josquin par des copistes et des imprimeurs du 16ème siècle se sont avérées ne pas lui appartenir et les musicologues continuent à débattre de l’authenticité d’un grand nombre de ‘ses’ compositions. La musique de Josquin était cependant extrêmement populaire de son vivant. Ses motets, ses mises en musique de l’Ordinaire de la messe et ses chansons composées sur des textes à la fois français et italiens figurent littéralement dans des centaines de sources de l’époque. La réputation de Josquin a également bénéficié de la grande capacité de diffusion de la presse à imprimer, ses compositions figurant dans un grand nombre d’anthologies du 16ème siècle, tandis que le premier livre de messes publié par Petrucci à Venise en 1502 était consacré entièrement aux compositions de Josquin. Sa musique a continué à être imprimée tout au long du siècle et bien après sa mort, une circonstance qui n’était pas seulement inhabituelle mais qui démontre sa prééminence dans l’univers musical de l’époque.
Bien que Josquin ait été un compositeur fameux et très recherché, nous ne savons que relativement peu de choses sur sa vie. Récemment encore, on pensait qu’il avait commencé sa carrière comme chanteur adulte à la cathédrale de Milan, où il aurait été recruté en 1459, d’où on en déduisait qu’il devait être né aux environs de 1440. Mais nous savons maintenant que le chanteur en question était un autre musicien du même nom. Notre Josquin a dû naître aux environs de 1455 en Picardie et les premiers documents nous le peignent employé à la cour du Roi René d’Anjou vers 1475 et il est possible qu’il ait ensuite rejoint la Sainte-Chapelle de Louis XI à Paris. Bien que nous ne disposions d’aucun texte documentant ses activités pendant de nombreuses années de sa vie, Josquin a certainement fait plusieurs séjours en Italie et il était associé au Cardinal Ascanio Sforza de Milan en 1484. De 1489 à 1495 au moins, Josquin a été membre de la Chapelle Vaticane à Rome. Et il est possible qu’il soit retourné à la cour du roi de France Louis XII avant sa nomination à Ferrare. Après 1504, Josquin est retourné en Flandres où il est devenu Prévôt de l’église collégiale de Notre Dame en Condée, une fonction qu’il a conservée jusqu’à sa mort en 1521. Durant ces dernières années, il a continué à composer de la musique d’église, ainsi que certaines des dernières chansons qui étaient peut-être destinées à la mélancolique Marguerite d’Autriche.
Quelles sont les qualités de la musique de Josquin qui lui ont valu une telle admiration de la part de ses contemporains et ces mêmes qualités continuent-elles à nous affecter en tant qu’interprètes et que mélomanes après plusieurs siècles ? Une réponse nous est suggérée par un commentaire succinct de Martin Luther : ‘Josquin est le maître des notes, il leur fait exprimer ses désirs, alors que les autres compositeurs doivent se contenter de faire ce que leur dictent les notes’. La souplesse expressive de ligne mélodique avec laquelle Josquin sait mettre les textes en musique ne se retrouve que très rarement chez ses contemporains : le modelé finement expressif de ses lignes et la flexibilité subtile de ses rythmes mettent le texte en relief avec un naturel consommé qui annonce déjà les compositeurs de motets et de madrigaux de la Haute Renaissance. La maîtrise par Josquin de la texture et du contrepoint est la fondation sur laquelle se profilent ces lignes mélodiques et elle contribue à la création de structures merveilleusement proportionnées et inévitables, qu’il fasse appel à la forme du canon strict dans lequel une partie en suit une autre de manière exacte ou à un style imitatif libre tel que celui de Mille regretz, une chanson qui doit dater de la dernière période de sa carrière. Josquin y contraste des paires de voix dans le grave et l’aigu ou il les tisse toutes les quatre en une texture sans cesse changeante, au sein de laquelle elles ne développent parfois une ligne indépendante que pour mieux renouer leur dialogue étroit, illuminant ainsi les sautes d’humeur du poème mis en musique.
Le début du 16ème siècle a été une époque d’adaptations et d’arrangements musicaux : le concept plus moderne d’originalité ne s’était pas encore imposé et la notion dominante restait celle, toute médiévale, de l’autorité des textes existants. En prenant une composition existante et en y ajoutant, soit par l’improvisation d’embellissements, soit par une déconstruction permettant d’en extraire certaines composantes et de les recombiner avec des éléments nouveaux, les interprètes comme les compositeurs parvenaient non seulement à faire montre de leur propre expertise, mais ils rendaient aussi hommage et honoraient ainsi délibérément les œuvres de leurs prédécesseurs. Ainsi donc, alors que la beauté poignante du Mille regretz de Josquin développe certains motifs empruntés à l’anonyme Plusieurs regretz, cette œuvre a elle-même été transposée en une version allégée à trois voix publiée à Anvers par Tielman Susato qui en a également tiré un arrangement en forme de pavane et a été finalement adaptée pour le luth et relevée de délicates décorations idiomatiques par le fabricant de luths de Nuremberg, le théoricien et compositeur Hans Gerle.
Ailleurs, il est moins facile de retracer les connexions : la basse-danse Bergeret sans roche de Susato, jouée ici sur un ‘grand’ rassemblement de cors, n’est pas sans évoquer les mélodies entendues dans la Bergerotte savoysienne de Josquin. Trois chansons issues de traditions très différentes font toutes appel à un air populaire connu sous le nom de La Triquotée : dans le rondeau apparemment innocent intitulé Belle, tenes moi la promesse, il fait son apparition dans la partie du ténor et se répète de manière insistante, puis il réapparaît dans un registre supérieur au début de la composition plus robuste et paillarde de Alonso tirée du Cancionero Musical de Palacio espagnol. Dans la chanson de Josquin Je me complains, il apparaît à nouveau de manière quelque peu oblique au moment même où la chanson touche à sa fin à l’approche des Vêpres, précédé par un morceau de contrepoint qui est parmi les plus lucides jamais composés par Josquin et en forme de canon vocal, deux lignes instrumentales d’une grande fluidité appuyées par une voix de basse.
Le contraste entre les lignes strictement canoniques et la spontanéité de celles qui jouissent d’une grande liberté d’improvisation est au cœur d’un grand nombre de chansons de Josquin. Dans Comment peult avoir joye le ténor suit le superius exactement à l’octave inférieure, tandis que deux violes évoluent librement et caracolent joyeusement. Heinrich Isaac est allé plus loin que Josquin en traitant le même air comme un canon à trois voix à l’unisson dans l’Agnus Dei de sa Missa Wohlauf gesell von hinnen et en le combinant avec deux parties indépendantes, dont l’une évolue avec une extrême liberté. Ailleurs, l’ingéniosité de Josquin lui inspire le double canon du Recordans de mia segnora où les deux parties écrites en engendrent deux autres de façon à produire une miniature compacte d’une grande délicatesse. Recordans partage sa mélodie avec Se congié prens, interprété ici dans la version vigoureuse et complexe à six voix de Josquin ainsi que dans les versions plus simples de Johannes Japart et Alexander Agricola. Japart, comme Josquin, était Flamand de naissance, il a lui aussi été employé pendant plusieurs années par le duc Ercole I de Ferrare aux environs de 1480 ; Agricola appartient à la génération antérieure et il a tendance à utiliser des lignes ornementales plus stéréotypées que celles de Josquin.
Le point de départ d’un grand nombre de chansons de Josquin était un cantus prius factus : un air qui existait déjà. Il s’agissait souvent d’un air populaire telle que la mélodie gentiment rustique Petite camusette ou l’air accrocheur Si j’ay perdu mon amy. L’une des grandes qualités de Josquin était sa capacité à ne rien perdre de la simplicité directe et mélodieuse de ces chansons populaires même lorsque ses compositions font appel à des figures canoniques ou imitatives sophistiquées : comme pour les bijoux les plus beaux, le sertissage met en relief le gemme sans jamais lui faire concurrence. Parfois aussi, le point de départ de Josquin est la mélodie ‘artistique’ d’un autre compositeur. De tous biens pleine de Hayne van Ghizeghem a été soumis par les contemporains et les disciples du compositeur à des adaptations et transpositions en tout genre : la version à trois voix de Josquin part du superius de van Ghizeghem et y ajoute deux parties inférieures en canon strict, tandis que la composition à quatre voix est un tour de force de construction dans laquelle à la fois le ténor et le superius de la chanson originale sont conservés, avec l’addition d’un canon à l’unisson pour deux parties de basse, dont la seconde semble poursuivre la première de près avec seulement une courte mesure de retard, comme les disciples Pierre et Jean courant vers la tombe vide du Christ, tels que nous les décrit le texte latin.
Josquin était conscient de sa valeur lorsqu’il demandait un salaire plus élevé que celui de Isaac et nous ne devons donc pas être surpris de découvrir que certaines de ses chansons ont un thème pécuniaire. Adieu mes amours, dont les deux parties inférieures commencent de manière canonique avant d’acquérir une indépendance grandissante, a été transposé pour le luth par le virtuose italien Francesco Spinacino en 1507 et il s’agit là probablement d’une de ses premières chansons. El grillo se distingue nettement de la majorité des autres chansons de Josquin, non seulement du fait qu’elle est basée sur un poème italien, mais par son style homophonique et sa simplicité rustique et directe. La composition à cinq voix de Josquin Faulte d’argent, pleine de vitalité et de jeux de rythmes spirituels, est basée sur un canon à la cinquième, ce qui conduit à une certaine tension entre les deux tonalités concurrentes. La même mélodie a été utilisée par plusieurs autres compositeurs, y compris Antoine de Févin (qui fut comme Josquin associé à la cour du roi de France Louis XII) et Adrian Willaert (qui appartient à une génération ultérieure mais dont la carrière s’est modelée de près sur celle de Josquin). Né en Flandres, Willaert a lui aussi été employé à la cour de Ferrare, avant de devenir l’un des compositeurs d’Europe du nord les plus influents d’Italie dans son rôle de maestro di cappella à la basilique de Saint Marc à Venise.
Josquin dérivait parfois son inspiration de la grande littérature et pas seulement de la chanson populaire ou des œuvres des compositeurs antérieurs, comme le démontre les deux mises en musique de textes tirés de l’Enéide de Virgile. Ces compositions annoncent la relation étroite entre le texte et la musique qui allait devenir l’obsession des compositeurs et des théoriciens de la fin du 16ème siècle. Fama malum s’ouvre par des appels de clairon, la trompette étant un des attributs de la Renommée (Fama) dans le symbolisme humaniste, tandis que Dulces exuviae évoque la lamentation de Didon mourante avec une sensibilité exquise et parvient à exprimer à la fois la résignation et le désespoir avec une force d’évocation égale.
A la mort de Josquin, un certain nombre de compositeurs ont écrit des épitaphes musicales qui sont autant de témoignages de l’admiration que lui portaient les membres de sa profession. Le compositeur flamand Hieronymus Vinders combine la gravité du texte O mors inevitabilis avec des sections de musique et de chant de la Messe de Requiem en une composition sonore imposante à sept voix. Ce morceau est précédé ici par Le villain, une ‘chanson sans parole’ d’un manuscrit allemand, qui se prête admirablement à l’univers retentissant de la viole renaissante. Le villain partage son matériel avec Pleine de deuil, un exemple remarquable du contrepoint économique de Josquin dans lequel chaque note compte, du motif d’ouverture en forme de glas au thème insistent de la finale dans le mode mineur. Ce sont des œuvres comme celles-ci, dans lesquelles les mots, la mélodie et la structure parviennent à une réelle intégrité organique, qui expliquent probablement pourquoi le duc de Ferrare Ercole d’Este admirait tant la musique de Josquin et pourquoi ce génie si lointain dans le temps continue à nous affecter si profondément aujourd’hui.
John Bryan, février 2000
[2] & [3] Comment peult avoir joye
Comment peult avoir joye,
Qui Fortune contient?
L’oysiau qui pert sa proye
De jeusne lui souvient :
Au boys sur la verdure
N’a point tout son desir :
De chanter il n’a cure
Qui vit en desplaisir.
[4] & [7] Se congié prens
Se congié prens de mes belles amours
Vray amoureulx ne m’en veullez blasmer.
J’en ay souffer de plus griefves douleurs
Quel ne font ceulx qui naigent en la mer.
Car tant l’aymer m’est toujours tant amer,
Qu’avoir ne puis d’elle ung tout seul regard,
Fors que rigeur pour mon cueur entamer
Qui prens congié avant qu’il soit plus tard.
[8] Si j’avoye Marion
Si j’avoye Marion, helas,
du tout a mon plaisir,
La belle au corps mignon, helas,
que mon cueur a choisi;
Au bois je la merroye dancer ung tourdion, et ho!
Et puis la remerroye tout droit en sa maison.
[10] Petite camusette
Petite camusette, a la mort m'avez mis
Robin et Marion s’en vont au bois joly,
Ilz s'en vont bras a bras, ilz se sont endormis,
Petite camusette, a la mort m’avez mis.
[11] Fama malum
Fama malum qua non aliud velocius ullum:
Mobilitate viget viresque adquirit eundo:
Parva metu primo,
Mox sese attollit in auras
Ingrediturque solo
Et caput inter nubila condit.
De toutes les vermines, la rumeur est la plus rapide.
Sa puissance réside dans sa liberté de mouvement,
Plus elle court et plus elle se renforce.
Elle n’est au départ qu’une créature faible et timorée, et bien qu’elle se déplace au ras du sol,
elle cache sa tête dans les nuages.
[12] Dulces exuviae
Dulces exuviae,
Dum fata deusque sinebat,
Accipite hanc animam
Meque his exsolvite curis.
Vixi et quem dederat cursum fortuna
Peregi, et nunc magna mei
Sub terras ibit imago.
Douces reliques,
Douces aussi longtemps que Dieu et que la destinée l’ont permis, recevez maintenant mon dernier soupir, et libérez-moi de cette souffrance.
J’ai vécu ma vie et me voici arrivé au terme que la destinée m’a assigné. Il est temps que mon spectre descende dans le monde
souterrain.
[15] Belle, tenes moy la promesse
Belle, tenes moy la promesse,
Que vous me feistes pieca
Car jamais mon cuer ne fera,
Nouvelle amour n’autre maistresse.
Se j’ay du mal j’aray léesse,
Toutes les fois qu’il vous plaira.
Belle tenés moy la promesse,
Que vous me feistes pieca
Et s’aucune dolour me blesse,
Douls penser me confortera,
Et seul de vouloir me donra,
Pour plus honour et de noblesse.
[16] Je me complains
Je me complains de mon amy
Qui me souloit tant venir veoir
La fresche matinée,
Or est il prime, et c’est midi,
Et si n’oy nouvelle de luy,
S’aproche la vesprée,
La tricoton, la tricoton, la belle tricotée.
[17] La tricotea
La tricotea,
Sa Martin la vea.
Abres un poc al agua y senalea.
La bota senbru tuleta,
La señal d’un chapiré.
Ge que te gus per mundo spesa.
La botilla plena,
Dama, qui maina,
Cerrali la vena,
Orli, cerli, trun, madama,
Cerlicer, cerrarliben,
Botr’ ami contrari ben.
Niqui, niquidon, formagidon, formagidon.
Yo so monarchea de grande nobrea.
Dama, por amor,
Dama, bel se vea,
Dama, yo la vea.
Martin béni que ce soit trois ;
Ou plus
Et donne-moi un six.
Le fond se balance,
Maudits soient les bigots.
Vas où tu veux
Amène de quoi te rassasier.
Bonne dame, ça coule toujours,
Il faut fermer le robinet.
A la une, à la deux, à la trois,
Arrêtez, ma bonne dame, vous allez le renverser.
Votre ami se sent lésé
Mignon, mignon, fromage, Seigneur Fromage.
Je suis le roi, d'une noble lignée.
Bonne dame, je vous prie,
Bonne dame, montrez-le
Bonne dame, laissez-moi le voir.
[18] Bergerotte savoysienne
Bergerotte savoysienne
Qui garde moutons aux praz
Dy moy se vieulx setre mienne
Je te donray uns soulas
Et ung petit chaperon
Dy moy se tu m’aymeras
Ou par la merande ou non.
[24] Mille regretz
Mille regretz de vous habandonner
Et d’eslonger vostre fach amoureuse.
J’ay si grand deuil et paine douloureuse
Quon me vera brief mes jours deffiner.
[28] Pleine de deuil
Pleine de deuil,
Et de melancolie,
Voyant mon mal
Qui toujours multiplie,
Et qu’en la fin
Pluz ne le puis porter,
Constrainte suis
Pour me reconforter
Me rendre a toy
Le surplus de ma vie.
Je te requiers et humblement supplie,
Pour les douleurs de quoy je suis ramplie,
Ne me vouloir jamais abandonner.
Puisqu’a vous suis la reste de ma vie.
[29] Pauper sum ego
Pauper sum ego
et in laboribus
a juventute mea
exaltatus autem
humiliatus sum
et conturbatus.
J'ai été pauvre
Et j'ai peiné
Depuis mon tout jeune âge ;
J'ai été élevé,
Puis abaissé,
Et jeté dans la confusion.
[30] Faulte d’argent
Faulte d’argent c’est douleur non pareille
Sy je le dis, las je scay bien pourquoy
Sans de quibus il se fault tenir quoy,
Le temps le doit, ce n’est pas de merveille.
Je suis aymé d’une fille tant belle,
Je l’ayme bien aussi fait elle moy.
Marry je suis quant point je ne la voy.
En ce pays n’en y a point d’autelle.
[31] Faulte d’argent
Mes compaignons, a tous je vous conseille
Que ne prenez femme s’el n’a de quoy.
Raison pourquoy? las, je la vous diray :
Quant elle dort, pour l’argent on l’esveille.
[32] Faulte d’argent
Se povre suis, ce n’est pas de merveille,
Car mon argent g’ya ay tout despendu.
Il ne m’en chault, je n’ay pas tout perdu :
Car j’ay acquis vostre amour non pareille.
[33] Adieu mes amours
Adieu mes amours, a Dieu vous command,
Adieu je vous dy jusquez au printemps
Je suis en souci de quoy je vivray
La raison pour quoy je le vous diray :
Je n’ay plus d’argent, vivray je du vent,
Se l’argent du roy ne vient plus souvent.
[35] El grillo
El grillo, el grillo è buon cantore,
Che tiene lungo verso.
Dale beve grillo canta,
El grillo, el grillo è buon cantore.
Ma non fa come gli altri ucelli,
Come li han cantato un poco,
Van de fatto in altro loco:
Sempre el grillo sta pur saldo,
Quando l'a maggior el caldo
Alhor canta sol per amore.
Le grillon est un bon chanteur
qui entonne une longue note.
Le grillon chante des chansons à boire.
Le grillon est un bon chanteur
mais il ne fait pas comme les autres oiseaux :
lorsqu’ils ont chanté un moment,
ils s’en vont ailleurs.
Le grillon reste à son poste :
et par temps chaud,
il chante des chansons d’amour.
[37] Lamentatio super mortem Josquin
O mors inevitabilis,
Mors amara, mors crudelis,
Josquin des Pres dum necasti,
Illum nobis abstulisti,
Qui suam per harmoniam,
Illustravit eccleasiam
Propterea tu musicae,
Dic requiescat in pace.
Requiem aeternam
Dona ei Domine,
Et lux perpetua luceat ei
Propterea tu musicae,
Dic requiescat in pace.
O mort inévitable,
O mort amère, O mort cruelle.
En tuant Josquin des Pres
Tu nous as privés de celui qui,
Par son harmonie,
A glorifié l’église.
Priez donc en musique
‘Qu’il repose en paix.
Donnez-lui la paix éternelle
O Seigneur,
Et que la lumière perpétuelle brille sur lui.
Priez donc en musique
‘Qu’il repose en paix’.
| Title Page Programme Notes Commentaire Kommentar Reviews Credits |
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| Release date: | 22nd May 2000 | |
| Order code: | SIGCD025 | |
| Barcode: | 635212002520 | |
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| Comment peult avoir joye: | ||
| 1 | Agnus Dei: Missa Wohlauf gesell von hinnen à 5 - Isaac | [2:04] |
| 2 | à 3 - Isaac | [1:11] |
| 3 | à 4 - Josquin | [1:11] |
| Se congié prens: | ||
| 4 | à 4 - Japart | [1:25] |
| 5 | à 3 - Agricola | [1:35] |
| 6 | Recordans de mia segnora - Josquin | [1:27] |
| 7 | à 6 - Josquin | [2:01] |
| Robin et Marion: | ||
| 8 | Si j'avoye Marion à 3 - Josquin | [1:00] |
| 9 | Tordion - Le Roy | [0:49] |
| 10 | Petite camusette à 6 - Josquin | [0:51] |
| Dido: | ||
| 11 | Fama malum à 4 - Josquin | [1:51] |
| 12 | Dulces exuviae à 4 - Josquin | [2:34] |
| De tous biens pleine: | ||
| 13 | à 3 - Josquin | [1:09] |
| 14 | à 4 - Josquin | [1:14] |
| La Triquotée: | ||
| 15 | Belle, tenes moi la promesse à 3 - anon | [2:50] |
| 16 | Je me complains à 5 - Josquin | [2:32] |
| 17 | La tricotea à 3 - Alonso | [2:06] |
| Bergerotte savoysienne: | ||
| 18 | Bergerotte savoysienne à 4 - Josquin | [1:41] |
| 19 | Bergeret sans roche/Reprise à 4 - Susato | [2:21] |
| Si j'ay perdu mon amy: | ||
| 20 | à 4 - de Orto | [1:24] |
| 21 | à 3 - Josquin | [2:25] |
| 22 | à 4 - Josquin? | [0:58] |
| Mille regretz: | ||
| 23 | Plusieurs regretz à 4 - Anon | [2:35] |
| 24 | Mille regretz à 4 - Josquin | [2:02] |
| 25 | Mille regretz - Gerle | [2:17] |
| 26 | à 3 - Susato | [1:58] |
| 27 | Pavan Mille regretz à 4 - Susato | [1:39] |
| Pleine de deuil: | ||
| 28 | à 5 - Josquin | [3:09] |
| Pauper sum ego: | ||
| 29 | Pauper sum ego à 3 - Josquin | [1:29] |
| 30 | Faulte d'argent à 3 - Févin | [1:02] |
| 31 | Faulte d'argent à 5 - Josquin | [1:25] |
| 32 | Faulte d'argent à 6 - Willaert | [1:50] |
| 33 | Adieu mes amours à 4 - Josquin | [1:25] |
| 34 | Adieu mes amours - Spinacino | [2:37] |
| 35 | El grillo à 4 - Josquin | [1:17] |
| Epitaphium Josquin: | ||
| 36 | Le villain - Josquin | [2:32] |
| 37 | Lamentatio super morte Josquin des Pres - Vinders | [3:00] |
| Total running time: | [68:21] | |
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[images/index.htm] | 02 August 2008 |