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Guillaume Dufay:
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"It is an absorbing and revealing collection, and everything is
delivered with tonal beauty and scholarly stylishness" Andrew Clements, Early Music |
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"The Clerks' Group are now so familiar with this sort of repertoire
that their technical assurance and interpretative confidence are
unparalleled" D. James Ross, Early Music Review |
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"unexpectedly dazzling...The Clerks' Group sing beautifully"
The Sunday Times 27 October 2002 |
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"the singing ... brings a vibrant, assured presence to these ancient
works ... if you're looking for fine, clearly sung, stylistically
conscientious performances, you really can't go wrong here" ClassicsToday.com |
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Commentaire
Le manuscrit Bologna, Civico Museo Bibliografico Musicale, MS Q15 est l’une des grandes anthologies de la musique du quinzième siècle et sans lui notre connaissance de la musique de la Renaissance serait incurablement compromise. Les amis du manuscrit l’appellent simplement entre eux le Q15 ; et ses amis sont nombreux, car il contient des exemples de presque tous les genres de musique concevables de cette époque—avec une prédilection toutefois pour la musique polyphonique sacrée—et des compositions d’un très grand nombre de compositeurs. Et même si nous choisissons d’effectuer une sélection d’œuvres d’un seul compositeur, comme nous l’avons fait ici, la diversité des formes et des styles disponibles est déroutante. Cela est dû en partie au fait que le Q15 ne représente pas simplement une réflexion du goût musical à un moment spécifique et en un seul endroit. Compilé en trois étapes, sur une période d’environ quinze ans et dans diverses localités de l’Italie du Nord, le Q15 a subi un certain nombre de révisions importantes qui reflètent l’évolution des attitudes et des tendances. Les recherches scrupuleuses et érudites que Margaret Bent a consacrées au manuscrit ont révélé la façon dont certaines parties de la première version du manuscrit ont été découpées et le papier réutilisé à la production de la seconde et de la troisième versions. En reconstituant la teneur du manuscrit original et en la comparant à celle de la dernière version, nous pouvons apprécier dans quel sens, en l’espace de quinze ans, la sensibilité musicale a pu évoluer. (Voir par exemple, Margaret Bent, ‘A contemporary perception of early fifteenth-century style’ (Une perception contemporaine du style du début du quinzième siècle) dans Musica Disciplina 41 (1987).)
A travers notre sélection d’œuvres de Guillaume Dufay tirées du manuscrit Q15, nous espérons d’une part présenter un échantillon représentatif de la diversité des genres présents dans le manuscrit et d’autre part faire découvrir certaines des œuvres de jeunesse—souvent négligées—d’un compositeur qui a assisté et qui a lui-même apporté une contribution de premier ordre, aux changements révolutionnaires qui ont bouleversé la composition musicale au cours du quinzième siècle. Sur son lit de mort, Dufay eut apparemment le réconfort d’écouter les accents de son motet Ave regina coelorum, mais la première de ses œuvres qu’il est possible de dater—qui est aussi classée parmi les motets—en diffère tellement par son style, qu’il est très difficile d’y voir une œuvre du même compositeur. Vasilissa, ergo gaude a été composé pour célébrer les noces de la Princesse Cleofe—rattachée au clan Malatesta, qui employait alors Dufay—et Théodore Palaiologos II, le fils de l’Empereur de Constantinople. Cela se passait en 1420 et tandis que les souverains de la Chrétienté orientale essayaient par tous les moyens d’enrôler le soutien de leurs coreligionnaires de l’ouest contre la menace ottomane, l’église occidentale tentait dans le cadre du concile de Constance de mettre fin au schisme qui divisait de longue date le catholicisme romain. A la mort de Dufay, le problème du schisme était résolu, mais Constantinople était tombé entre les mains des infidèles.
Vasilissa appartient lui aussi à un univers musical différent. Composé selon un format isorythmique dans lequel les rythmes de la deuxième moitié du motet correspondent exactement à ceux de la première moitié, ce motet est une célébration des techniques du siècle antérieur qui trahit également une grande révérence envers un autre compositeur du nord de l’Europe travaillant en Italie, Johannes Ciconia. Les trois autres motets isorythmiques inscrits à ce programme—O gemma, lux et speculum, Supremum est mortalibus bonum et O sancte Sebastiane—font montre d’un degré variable d’enthousiasme envers cette technique, mais ce qui est impressionnant dans le traitement par Dufay de ces structures prédéterminées est sa capacité à équilibrer les exigences de la forme et la tentation de composer des mélodies lyriques et fluides. Bien que cette remarque risque de paraître naïve dans une discussion portant sur de la musique polyphonique sacrée sophistiquée, Dufay est toujours un suprême créateur de mélodies. Ces mélodies ne sont pas toujours chantées par une seule voix : dans les œuvres à quatre voix, les voix du registre aigu échangent souvent leur rôle de manière ludique, l’une maintenant la cohérence de la ligne mélodique tandis que l’autre danse autour de cette ligne mélodique en suivant un tracé décoratif et ornemental. Mais à travers toute cette polyphonie vocale, on retrouve partout une qualité mélodique de l’écriture qui est aussi distinctive que séduisante.
Ce que nous venons de dire ne doit cependant pas conduire à penser que Dufay adopte de manière aveugle les formes dont il a hérité. Supremum est mortalibus bonum, composé pour commémorer la signature du traité de paix de 1433 entre le pape Eugène IV et le roi Sigismond (à la veille de devenir Empereur du Saint Empire Romain), est une création merveilleusement éclectique, qui combine l’isorythme (dans la voix de ténor seulement) avec un faux-bourdon solennel et une homophonie déclamatoire. Dans d’autres œuvres qui sont considérées comme des ‘motets’, Dufay abandonne complètement le principe isorythmique. O beate Sebastiane est écrit dans une forme libre, avec une voix du registre aigu à fonction décorative accompagnée de deux voix graves qui la soutiennent. Inclita stella maris est une curiosité très particulière. Les voix du registre aigu forment un canon mesuré : elles chantent la même mélodie mais à des vitesses légèrement différentes. Ici aussi, les voix du registre grave ne sont pas importantes et d’après les commentaires ajoutés à la partition, l’une d’elles peut même être abandonnée sans compromettre la composition.
En fait, cela n’est pas trop rare parmi les compositions du manuscrit Q15 et les autres manuscrits de la même époque. Des voix de contre-ténor supplémentaires sont souvent ajoutées ou supprimées dans les œuvres à trois ou quatre voix, vraisemblablement en fonction des préférences et des ressources des interprètes. Les recherches de Margaret Bent sur le manuscrit Q15 ont révélé le changement qui s’est opéré dans les préférences du scribe en ce qui concerne les œuvres à trois ou quatre voix et d’une manière générale—bien que cela ne soit pas toujours le cas—les transmissions ultérieures des œuvres tendent à les présenter dans des versions à quatre voix. La paire Gloria et Credo qui est incluse dans ce programme est probablement un exemple d’œuvre originale à trois voix à laquelle a été ajoutée, d’une manière qui n’est pas toujours très heureuse, une quatrième voix. Nous ne pouvons pas assumer cependant que la quatrième voix n’était pas également par Dufay et en l’absence d’arguments contraires, nous avons enregistré les versions à quatre voix. Ce sont des compositions enjouées, liées par des péripéties harmoniques excentriques dans les ‘motifs’ qui ouvrent chacun des mouvements. Comme pour les mouvements du Sanctus et de l’Agnus, ces formules de composition de la messe sont antérieures à l’époque à laquelle la messe ordinaire sera composée habituellement sous forme de cycle de mouvements associés, les compositeurs préférant associer le Gloria et le Credo, et le Sanctus et l’Agnus Dei. Sans relation aux autres compositions polyphoniques, le Kyrie ‘Fons bonitatis’ est en fait affilié au chant maintenant connu dans le Liber Usualis sous le nom de Kyrie II. Dans notre interprétation, nous avons entremêlé ce chant et la polyphonie de manière à créer une structure traditionnelle à neuf niveaux pour ce mouvement.
[1] Vasilissa, ergo gaude
Vasilissa, ergo gaude, quia es digna omni laude,
Cleophe, clara gestis a tuis de Malatestis,
in Italia principibus magnis et nobilibus.
Ex tuo viro clarior, quia cunctis est nobilior:
Romaeorum est despotus, quem colit mundus totus;
in prophyro est genitus a deo missus coelitus.
Juvenili aetate pollens et formositate volens,
multum genio fecunda et utraque lingua facunda
ac clarior es virtutibus prae aliis his omnibus.
Tenor: Concupivit rex decorem tuum quoniam
ipse est dominus tuus.
Impératrice, réjouissez-vous donc, car vous êtes digne de toutes les louanges, Cleofe, glorieuse après les exploits de vos parents Malatesta, à la tête de ces hommes en Italie, pleins de noblesse et de grandeur,
Plus glorieuse encore du fait de votre mari, car il est le plus noble de tous ; il est le despote des Rhomaioi, lui que tout le monde révère ; il est né dans la pourpre, envoyé du ciel par Dieu.
Forte et jeune et d'une grande beauté, très fertile en mots d'esprit et éloquente dans les deux langues, et vous êtes plus glorieuse encore pour vos vertus, à nulle autre pareille.
Ténor : le roi a conçu du désir pour votre beauté ; car il est votre seigneur.
[2] Kyrie Fons bonitatis
Kyrie eleison.
Christe eleison.
Kyrie eleison.
Seigneur, prends pitié de nous.
Christ, prends pitié de nous.
Seigneur, prends pitié de nous.
[3] O beate Sebastiane
O beate Sebastiane, magna est fides tua: intercede pro nobis ad dominum Jesum Christum ut a peste epidemie et morbo liberemur. Amen.
O bienheureux Sébastien, grande est ta foi. Intercède pour nous auprès
du Seigneur Jésus Christ afin que nous soyons libérés de la peste et du
fléau de l'Epidémie.
Ainsi soit-il.
[4] Gloria
Gloria in excelsis Deo. Et in terra pax hominibus bone voluntatis.
Laudamus te. Benedicimus te. Adoramus te. Glorificamus te. Gratias agimus
tibi propter magnam gloriam tuam.
Domine Deus, rex celestis, Deus pater omnipotens.
Domine fili unigenite, Jesu Christe.
Domine Deus, agnus Dei, filius patris.
Qui tollis peccata mundi, miserere nobis.
Qui tollis peccata mundi, suscipe deprecationem nostram.
Qui sedes ad dexteram patris, miserere nobis.
Quoniam tu solus sanctus. Tu solus Dominus. Tu solus altissimus, Jesu
Christe. Cum Sancto Spiritu in gloria Dei patris. Amen.
Gloire à Dieu dans le ciel, et paix sur la terre, aux hommes de bonne
volonté.
Nous te louons, nous te bénissons, nous t’adorons, nous te glorifions,
nous te remercions pour ta grande gloire, O Seigneur Dieu, roi des cieux,
Dieu le Père tout puissant.
O Seigneur, Fils unique Jésus Christ ; O Seigneur Dieu, agneau de Dieu,
Fils du Père, qui enlève les péchés du monde, aie pitié de nous. Toi qui
enlèves les péchés du monde, reçois notre prière. Toi qui es assis à la
droite de Dieu le Père, aie pitié de nous.
Car toi seul es saint, toi seul es le Seigneur ; toi seul, O Christ, avec
le Saint Esprit, tu es au plus haut dans la gloire de Dieu le Père. Ainsi
soit-il.
[5] O gemma, lux et speculum
Triplum
O gemma, lux et speculum
totum perlustrans seculum,
vas almum Italie,
modo presens oraculum
tuum trahat spectaculum
nostro in levamine.
Sponte relinquens Greciam
duceris in Apuliam
Barinam gubernando.
Ab hoste tuens patriam
celestem tu per gloriam
inhabitas letando.
Pro expulsis langoribus
fugatisque demonibus
populus en iubilat.
Exaltatis clamoribus
manat liquor marmoribus:
liniti gradiuntur,
priscis dantur fervoribus;
qui carebant iam motibus
salutem sorciuntur.
Motetus
Sacer pastor Barensium,
regula pontificium,
Nicolae presul, audi
has voces supplicantium
conferendo presidium,
ut hiscant tue laudi.
Abstulisti opprobria
talenti fulvi gratia,
duplicata redidisti
et Deo celi serviens;
et populo subveniens,
cereres impartisti.
In marisque naufragio
plebis in te devocio
succrescit, et collata
habet vires oracio,
ac per te fraudis actio
discedit inse data.
Triplum
O pierre précieuse, lumière et miroir,
qui brille sur le monde entier,
vaisseau précieux qui donne vie à l'Italie,
si notre prière d'aujourd'hui
pouvait ne serait-ce que détourner un moment ton regard vers notre besoin
de soulagement.
Abandonnant la Grèce de ton plein gré,
tu as été emmené jusqu'en Apulie,
gouvernant Bari.
Protégeant le pays contre tous les ennemis
dans la gloire céleste,
tu es demeuré là dans la joie.
Parce que tu les as libérés de la maladie
et que tu as mis en fuite les démons,
voyez ! comme le peuple crie sa joie !
Des cris montent vers le ciel,
un fluide suinte du marbre ;
ils sont oints et ils marchent,
ils sont rendus à leur vigueur d'antan ;
ceux qui ne pouvaient plus bouger,
les voilà guéris.
Motetus
Saint berger des Barésiens,
modèle des prélats,
Evêque Nicolas, entends
les voix de ceux qui te supplient
et accorde-leur ta protection, afin qu'ils puissent ouvrir leur bouche et
chanter tes louanges.
Tu les as délivrés de leur honte
par la grâce du talent d'or
et tu leur as rendu le double,
au service du Dieu du ciel ;
et pour venir en aide au peuple,
tu as fait le partage du blé.
Et pendant le naufrage en mer,
la dévotion du peuple
à ton égard a encore grandi
et une grande force a été conférée à leur prière,
et c'est grâce à ton intervention
qu'il a été mis fin à la fraude.
[6] Credo
Credo in unum Deum, patrem omnipotentem, factorem coeli et terrae,
visibilium omnium et invisibilium.
Et in unum Dominum Jesum Christum filium Dei unigenitum. Et ex patre natum
ante omnia saecula.
Deum de Deo, lumen de lumine, Deum verum de Deo vero. Genitum, non factum,
consubstantialem patri: per quem omnia facta sunt.
Qui propter nos homines, et propter nostram salutem descendit de coelis.
Et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria Virgine: et homo factus est.
Crucifixus etiam pro nobis: sub Pontio Pilato passus, et sepultus est. Et
resurrexit tertia die, secundum scripturas. Et ascendit in coelum: sedet
ad dexteram patris.
Et iterum venturus est cum gloria, judicare vivos
et mortuos: cujus regni non erit finis.
Et in Spiritum Sanctum, Dominum et vivificantem: qui ex patre filioque
procedit. Qui cum patre et filio simul adoratur et conglorificatur: qui
locutus est per prophetas.
Et unam sanctam catholicam et apostolicam ecclesiam. Confiteor unum
baptisma in remissionem peccatorum.
Et exspecto resurrectionem mortuorum. Et vitam venturi saeculi. Amen.
Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la
terre et de toute chose visible et invisible.
Et en un seul Seigneur Jésus Christ, le Fils unique de Dieu, engendré par
son Père avant tous les mondes.
Dieu né de Dieu, lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu ;
engendré non pas créé ; de la même substance que le Père ; par qui tout a
été fait. Pour nous les hommes et pour notre salut, il est descendu des
cieux,
a pris chair du Saint Esprit et de la Vierge Marie
et a été fait homme.
A été crucifié pour nous sous Ponce Pilate.
Il souffrit sa passion et fut mis au tombeau,
est ressuscité le troisième jour conformément aux Ecritures, est monté aux
cieux, est assis à la droite du Père.
Et il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts, et son
règne n'aura pas de fin.
Et je crois en l'Esprit Saint, le Seigneur et celui qui donne la vie, qui
procède du Père et du Fils, est adoré et glorifié avec le Père et le Fils,
qui a parlé par les prophètes.
Et je crois en une seule Eglise catholique et apostolique. Je reconnais un
seul baptême pour la rémission des péchés, j'attends la résurrection des
morts et la vie du monde à venir. Amen.
[7] Supremum est mortalibus
Supremum est mortalibus bonum
pax, optimum summi dei donum.
Pace vero legum praestantia
viget atque recti constantia;
pace dies solutus et laetus,
nocte somnus trahitur quietus;
pax docuit virginem ornare
auro comam crinesque nodare;
pace rivi psallentes et aves
patent laeti collesque suaves
pace dives pervadit viator,
tutus arva incolit arator.
O sancta pax, diu expectata,
mortalibus tam dulcis, tam grata,
sis eterna, firma, sine fraude,
fidem tecum semper esse gaude.
Et qui nobis, o pax, te dedere
possideant regnum sine fine:
sit noster hic pontifex eternus
Eugenius et rex Sigismundus.
Amen.
Le bien suprême pour les mortels est la paix,
le meilleur don de Dieu au plus haut des cieux.
En temps de paix, la loi règne suprême
et le droit triomphe ; en temps de paix, les journées s'écoulent libres et
heureuses ;
la nuit, le sommeil se prolonge dans la tranquillité ; c'est la paix qui
inspire à la jeune fille de décorer sa chevelure d'un ruban d'or et de
l'attacher par un nœud ; en temps de paix, on voit les ruisseaux et les
oiseaux chanteurs exprimer leur joie, et les collines sont douces ; en
temps de paix, le voyageur riche arrive à destination et le laboureur
cultive ses champs en sécurité.
O sainte paix, tant attendue,
si douce et si plaisante pour les mortels,
puisses-tu être éternelle, solide, inviolée
et perdurer dans la joie de savoir que la bonne foi est avec toi. Et
puissent ceux qui te donnent à nous, O sainte paix, régner sans fin sur
leurs dominions ; Que Eugène soit à tout jamais notre pape sur la terre et
Sigismond, notre roi.
Ainsi soit-il.
[8] Sanctus & Benedictus
Sanctus, sanctus, sanctus Dominus Deus sabaoth. Pleni sunt celi et
terra gloria tua. Osanna in excelsis.
Benedictus qui venit in nomine Domini. Osanna in excelsis.
Saint, saint, saint seigneur Dieu des armées.
Le ciel et la terre sont remplis de ta gloire.
Hosanna au plus haut des cieux.
Béni celui qui vient au nom du Seigneur.
Hosanna au plus haut des cieux.
[9] Inclita stella maris
Inclita stella maris, nescia virgo maris
alteriusque paris, quae sine labe paris
almifluo clamore, subveniendo more
nos revellens a ve per Gabrielis ave.
Verbigenamque solum, quem colit omne solum
in Sathanae collum tis acuendo colum,
per decus ingenuum proripis in genium
quo stupet ingenium, dum fluat in senium.
Schema novae legis disseris atque legis,
ut genitrix regis caelica summa regis
praecipiens superis atque sedens super hiis
daemoniis dominans, hiis inhibendo minans.
Quique throno parent, hinc tibi vota parent
tis adigenda seris, quae bona tanta seris.
Dum cinis eveniam, te precor inveniam,
ferre mihi veniam desuper, ut veniam.
Amen.
Etoile célèbre de la mer, servante ignorante de l'homme et de tout autre ton pair, qui donne naissance sans tache, dans une sagesse abondante, nous apportant ton secours à nous qui nous attardons, nous libérant du malheur par le "Salut" de Gabriel,
la Seule à être née du Verbe, qui est adoré par toute
la terre, aiguisant ta quenouille contre le cou de Satan, par ta beauté
pleine de modestie tu fais irruption dans l'esprit, tandis que la pensée
est stupéfaite, alors qu'elle décline vers la vieillesse.
Tu énonces et tu expliques la forme de la Nouvelle Loi ; en tant que mère du Roi, tu règnes sur le Ciel au plus haut, commandant aux anges et assise au-dessus d'eux ; contraignant les démons et les obligeant à la soumission par tes menaces.
Laisse donc les sujets sous ton trône se préparer à la prière qui t'est dédiée, recueillie là où tombe ta foudre, qui répand tant de bienfaits. Lorsque je deviendrai cendre, je prie afin que je puisse alors découvrir que tu m'accordes ta pitié du plus haut et que je peux donc venir (à vous). Ainsi soit-il.
[10] Agnus Dei
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi: miserere nobis.
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi: miserere nobis.
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi: dona nobis pacem.
Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde : aie pitié de nous.
Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde : aie pitié de nous.
Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde : accorde-nous la paix.
[11] Gloria “Spiritus et alme”
Gloria in excelsis Deo. Et in terra pax hominibus bone voluntatis.
Laudamus te. Benedicimus te. Adoramus te. Glorificamus te. Gratias agimus
tibi propter magnam gloriam tuam.
Domine Deus, rex celestis, Deus pater omnipotens.
Domine fili unigenite, Jesu Christe.
Spiritus et alme orphanorum paraclite.
Domine Deus, agnus Dei, filius patris, primo genitus Mariae virginis
matris, qui tollis peccata mundi, miserere nobis.
Qui tollis peccata mundi, suscipe deprecationem nostram, ad Mariae gloriam.
Qui sedes ad dexteram patris, miserere nobis.
Quoniam tu solus sanctus, Mariam sanctificans.
Tu solus Dominus, Mariam gubernans.
Tu solus altissimus, Mariam coronans, Jesu Christe, cum Sancto Spiritu in
gloria Dei patris.
Amen.
Gloire à Dieu dans le ciel, et paix sur la terre,
aux hommes de bonne volonté.
Nous te louons, nous te bénissons, nous t’adorons, nous te glorifions,
nous te remercions pour ta grande gloire, O Seigneur Dieu, roi des cieux,
Dieu le Père tout puissant.
O Seigneur, Fils unique Jésus Christ ;
O Esprit, doux consolateur des éplorés.
O Seigneur Dieu, agneau de Dieu, Fils du Père, premier né de Marie la
vierge mère,
qui enlève les péchés du monde, aie pitié de nous.
Toi qui enlèves les péchés du monde, reçois notre prière, à la gloire de
Marie.
Toi qui es assis à la droite de Dieu le Père, aie pitié de nous.
Car toi seul es saint, qui bénit Marie. Toi seul es le Seigneur, qui règne
sur Marie. Toi seul es au plus haut, qui couronne Marie, Jésus Christ,
avec le Saint Esprit, dans la gloire de Dieu le Père. Ainsi soit-il.
[12] O sancte Sebastiane
Triplum
O sancte Sebastiane,
semper, vespere et mane,
horis cunctis et momentis,
dum adhuc sum sanis mentis
me protege et conserva
et a me, martyr, enerva
infirmitatem noxiam
vocatam epidemiam.
Tu de peste huiusmodi
me defende et custodi
et omnes amicos meos,
qui nos confitemur reos
Deo et sanctae Marie
et tibi, o martyr pie.
Tu Mediolanus civis
hanc pestilentiam, si vis,
potes facere cessare
et ad Deum impetrare,
quia a multis est scitum,
quod de hoc habes meritum.
Zoe mutam tu sanasti
et sanatam restaurasti
Nicostrato eius viro,
hoc faciens modo miro.
In agone consolabas
martyres et promittebas
eis sempiternam vitam
et martyribus debitam.
Amen.
Motetus
O martyr Sebastiane,
tu semper nobiscum mane
atque per tua merita
nos, qui sumus in hac vita,
custodi, sana et rege
et a peste nos protege
presentans nos trinitati
et virgini sanctae matri.
Et sic vitam finiamus,
quod mercedem habeamus
et martyrum consortium
et Deum videre pium.
Contra
O quam mire refulsit gratia
Sebastianus, martyr inclytus,
qui militis portans insignia,
sed de fratrum palma sollicitus
confortavit corda palentia
verbo sibi collato celitus.
Triplum
O Saint Sébastien,
toujours, le matin comme le soir,
à toute heure et à tout moment,
tant que je demeure sain d'esprit,
protège et préserve-moi
et, O martyr, brise l'emprise qu'a sur moi
la maladie délétère
qui a nom Epidémie.
Défends-moi
et préserve-moi
de ce fléau ainsi que tous mes amis,
qui confessons notre culpabilité
envers Dieu et la Sainte Marie et toi,
martyr clément.
Toi, citoyen de Milan,
tu as le pouvoir, si tu en as la volonté,
de mettre fin à cette peste
et d'obtenir une faveur de Dieu,
car il est bien connu
que tu as du mérite à ses yeux.
Tu as guéri Zoé la muette
et tu l'as rendue guérie
à son mari Nicostrate, accomplissant ceci
d’une façon miraculeuse.
Dans les périls, tu as réconforté les martyrs
et tu leur as promis
la vie éternelle
qui est la récompense des martyrs.
Ainsi soit-il.
Motetus
O Sébastien martyr,
reste toujours auprès de nous et par la grâce de ton mérite protège-nous,
guéris-nous et règne sur nous qui sommes dans cette vie,
et protège-nous du fléau,
et présente-nous à la Sainte Trinité
et à la sainte Vierge Marie.
Et puissions-nous finir notre vie
de manière telle que nous méritions pour récompense la compagnie des
martyrs et la vision de Dieu le Miséricordieux.
Contra
O avec quelle grâce admirable brille
Sébastien, le martyr bien connu,
lui qui portant l'uniforme de soldat,
mais préoccupé par la palme
de martyre de ses frères,
a réconforté leurs cœurs vidés de sang par le verbe qui lui a été conféré
par le ciel.
Notes sur
l’interprétation et les éditions
Les éditions utilisées dans cette interprétation prennent comme point de
départ les textes littéraires et musicaux qui ont été transcrits et édités
par Heinrich Besseler dans la série Corpus Mensurabilis Musicae. A
l’occasion, ces versions ont été modifiées après consultation de
fac-similés du manuscrit Bologna Q15 et l’assignation du texte ainsi que
les musica ficta ont été substantiellement amendés au cours des
répétitions. En particulier, un texte a été assigné aux voix du registre
grave lorsque c’était possible et approprié, Inclita stella maris
étant la seule œuvre dans laquelle les voix du registre grave sont
entièrement vocalisées. Nous avons donc ainsi traduit au niveau musical
les commentaires spéculatifs que David Fallows a consacrés à cette œuvre
dans le cadre de son importante étude Dufay (London, 1982, p. 132).
Je regrette que l’article de Leofranc Holford-Strevens sur les textes littéraires de Dufay (dans Early Music History, xvi—1997) ne me soit pas parvenu avant que l’enregistrement n’ait été complété. Cet article suggère certains amendements des textes des motets qui, bien qu’ils n’aient pas de répercussions sur l’expérience proprement musicale, devraient cependant être incorporés dans les éditions et les enregistrements futurs de ces œuvres. Il est à espérer que ceux qui utilisent les documentations de CD dans le cadre de la recherche qu’ils effectuent sur ces œuvres ne perpétueront pas ces erreurs dans le futur. Suivant en cela les suggestions de Charles W. Fox et, plus récemment, de Timothy J. McGee (The Sound of Medieval Song, Oxford, 1998) nous avons interprété les signes, qui dans le cadre de la notation moderne signifient des pauses, comme des indications de la possibilité d’inclure un ‘cantus coronatus’, soit une forme de décoration vocale improvisée. Cette ornementation est quelque peu expérimentale, mais elle a été influencée en partie par le type d’ornementation que l’on trouve dans la musique vocale italienne du début du Baroque et qui a été elle-même vraisemblablement l’héritière d’une technique Renaissante antérieure.
Edward Wickham, juillet 2001
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| Release date: | 26th April 2002 | |
| Order code: | SIGCD023 | |
| Barcode: | 635212002322 | |
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| 1 | Vasilissa, ergo gaude | [2:47] |
| 2 | Kyrie Fons bonitatis | [6:58] |
| 3 | O beate Sebastiane | [2:59] |
| 4 | Gloria (Bol. Q15 no. 107) | [4:47] |
| 5 | O gemma, lux et speculum | [4:37] |
| 6 | Credo (Bol. Q15 no. 108) | [6:29] |
| 7 | Supremum est mortalibus | [6:25] |
| 8 | Sanctus & Benedictus (Bol. Q15 no. 104) | [6:21] |
| 9 | Inclita stella maris | [4:07] |
| 10 | Agnus Dei (Bol. Q15 no. 105) | [3:26] |
| 11 | Gloria “Spiritus et alme” | [6:03] |
| 12 | O sancte Sebastiane | [5:01] |
| Total running time: | [68:42] |
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[images/index.htm] | 02 August 2008 |