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Sacred Songs of Sorrow
Sacred Songs from Protestant Germany

Charivari Agréable Simfonie

Susanne Heinrich - viols
Lynda Sayce - theorbo
Kah-Ming Ng - keyboards

with

Susanna Pell - bass viol
Reiko Ichise - bass viol
Sarah Groser - violone
Clare Salaman - baroque violin

and

Rodrigo del Pozo - tenor


BEST CD OF THE YEAR 2000

International Record Review

    "A fascinating, emotionally satisfying and rewarding release" -

BBC Music Magazine

       

   



Commentaire

Vers la fin du seizième siècle et le début du dix-septième siècle, un certain nombre de musiciens anglais allèrent occuper divers postes sur le continent—surtout en Allemagne et aux Pays-Bas—et ils exercèrent une influence musicale considérable sur leur milieu d’adoption. A cette époque, la viole s’imposait rapidement comme l’instrument à la mode en Angleterre et il n’est donc pas surprenant que parmi ces exilés on trouve six virtuoses de la viole : William Brade, Thomas Simpson, Walter Rowe, Daniel Norcombe, Henry Butler et William Young. Ces joueurs de viole étaient fort admirés pour leur capacité à improviser des divisions remarquables ; en outre, en Allemagne, Brade et Simpson publièrent des danses pour concerts de violes ou de violons et contribuèrent par-là à susciter un intérêt général pour les concerts de violes. De plus, étant donné le goût naturel des allemands pour les concerts d’instruments graves, les groupes de plusieurs basses de viole devinrent populaires. Dès 1623, Heinrich Schütz publia son Historia der … Auferstehung … Jesu Christi, dans lequel il fait appel à quatre basses de viole pour accompagner l’Evangéliste. Dans la préface, Schütz explique qu’il ‘sera nécessaire que les quatre violes répètent avec diligence en compagnie de l’Evangéliste. Les violes doivent suivre les mots de l’Evangéliste afin qu’il puisse réciter son texte avec autant d’aisance que s’il parlait’ ; il ajoute qu’une des violes peut briser un accord, arpéger ‘in passaggi … comme il est d’usage et avec grand effet’. L’usage fréquent des violes dans la musique d’église luthérienne est également une indication de la popularité dont jouissait la viole en Allemagne au dix-septième siècle.

Dans la musique luthérienne, la viole devint plus particulièrement associée au genre du lamento. Cette tradition a son origine dans l’accompagnement par des instruments à cordes des lamentations d’opéras italiens—un genre que le second opéra de Monteverdi, Arianna, avait mis très à la mode. Severo Bonini soutenait que chaque foyer d’Italie possédait une copie de la lamentation d’Arianna, car elle était étudiée avec diligence comme un sous genre important du nouveau style récitatif italien (la lamentation d’opéra a elle-même son origine dans la tragédie grecque et particulièrement dans l’œuvre d’Euripide). La transition est facile entre la lamentation d’opéra italienne et la lamentation liturgique allemande : Monteverdi lui-même faisait librement usage de sa technique séculaire dans sa musique liturgique et en 1641 il publia son ‘contrafactum’ Pianto della Madonna sopra il Lamento d’Arianna dans le cadre de son Selva Morale e Spirituale. Finalement, il existe une copie de cette lamentation sacrée de la main de Matthias Weckmann (c1619-74), un compositeur étroitement associé aux genres de la lamentation liturgique et de la musique de la Passion.

Johann Erasmus Kindermann a été décrit par Printz comme ‘un musicien et compositeur de Nuremberg très connu à son époque’ (Historische Beschreibung, 1690). Il forme aussi un lien important dans la culture musicale de la ville en tant qu’élève de Johann Staden et professeur de Schwemmer et Wecker qui enseignèrent par la suite Krieger et Pachelbel. Comme de nombreux musiciens de Nuremberg, il alla étudier en Italie, probablement à Venise, où il dut entrer en contact avec la musique de Monteverdi et de Cavalli ; il publia plus tard de la musique de Carissimi, Frescobaldi et Merula avec sa propre musique. ‘Dum tot carminibus’ est une composition expérimentale riche en couleurs ‘in stylo recitativo’ de Trauer-Gesänger (1647) avec répétitions de notes et dissonances sans préparation ; elle est adaptée ici pour quatre violes dans le style de Schütz.1 Kindermann a aussi publié de la musique instrumentale. La Symphonia est une des 126 compositions du Deliciae studiosorum (1640-43) pour instruments à vent et instruments à trois à cinq cordes. La composition remarquable Drifache Fuga super Christ lag in Todesbanden, Christus der selig macht und Da Jesus an dem Creuze stund est tirée de son Harmonia Organica de 1645 ; cette collection contient des compositions qui sont parmi les premières à utiliser la pédale obligatoire en Allemagne et d’autres qui sont parmi les premières compositions allemandes à faire appel à la gravure. David Schedlich était bohémien de naissance, mais après avoir épousé une fille de Johann Stadler en 1631, il prit sa place au centre de la vie musicale de Nuremberg. En tant qu’organiste, il écrivit beaucoup de musique funéraire ; Herzen- und Trostspruch est un exemple typique du parti qu’il tire de l’imitation.

Le musicien né en Belgique, Joseph-Hector Fiocco, dont le père vint de Venise résider aux Pays-Bas espagnols, travailla à Bruxelles et à Anvers et il est le seul des compositeurs représentés sur ce CD à être catholique. Il fut profondément influencé par François Couperin, utilisant son ornementation dans ses Pièces de clavecin de 1730. Ses neuf leçons de ténèbres sont particulièrement remarquables et suivent une tradition musicale française associée à la célébration de la Semaine Sainte. La Lamentatio Primo du Jeudi Saint s’ouvre sur une introduction instrumentale courte mais poignante avec une texture typiquement française de tierces parallèles sur les violes relevée de septièmes diminuées dans le style italien. Du fait de l’ignorance de la méthode hébraïque de lecture de droite à gauche, les initiales—Teth, Jod et Caph—font référence aux passages qui les précèdent.

Christian Geist était un compositeur et organiste allemand résidant en Scandinavie. Pratiquement toutes ses compositions qui ont survécu datent de l’époque où il était organiste de la cour suédoise, entre environ 1675 et 1685. Il y travaillait sous la tutelle de Düben qui rassembla une collection renommée de musique contemporaine (qui est entre autres notre principale source pour la musique de Buxtehude). Dans Es war aber an der Stätte Geist raconte l’enterrement du Christ puis ajoute à sa narration huit strophes de commentaires sur les Evangiles ; les trilles vibrants de l’introduction des violes constituent une figure allemande typique destinée à dépeindre l’émotion de la lamentation. De funere ad vitam incorpore un violon obbligato d’une grande virtuosité qui accompagne le texte de son commentaire vigoureux.

Johann Christoph Bach était le membre le plus important de la famille Bach avant Johann Sebastian. En 1665, il fut nommé organiste et claveciniste à la cour de Eisenach, où Pachelbel avait lui-même exercé pendant une courte période la fonction de Maître de Chapelle. Son cousin, Johann Ambrosius (père de Johann Sebastian) travaillait également à Eisenach et il est probable que Johann Sebastian eut l’occasion d’entendre Johann Christoph à l’orgue. C. P. E. Bach a noté dans ses mémoires que ‘le susnommé Johann Christoph possédait en particulier le don de l’invention de belles idées ainsi que celui de l’expression du sens des mots … A l’orgue comme au clavecin, il ne jouait jamais à moins de 5 voix réelles.’2

Johannes Fischer et Johann Michael Nicolai sont tous deux associés à la ville de Stuttgart. Fischer y étudia avec Capricornus avant de passer cinq ans à Paris, après 1665, en qualité de copiste de Lully. Il revint brièvement à Stuttgart en 1673, mais choisit finalement de s’installer à Augsburg peu après, ville où il publia en 1679 son Lamento en mi-majeur Trost-Klang, avant d’occuper divers postes en Latvie, en Pologne, au Danemark et dans le Nord de l’Allemagne.3 Nicolai fut instrumentiste de l’orchestre de la cour de Stuttgart de 1655 jusqu’à sa mort. Il a publié beaucoup de musique instrumentale, y compris 24 capriccios pour quatre basses de viole en 1675. Le manuscrit Sonata a tre viol da gamba est conservé à la Bibliothèque de la Cathédrale de Durham où le prébende et joueur de viole Falle le déposa à la suite d’une visite sur le Continent dans les années 1690, lorsqu’il était chapelain de William III. La sonate incorpore des influences françaises et italiennes et culmine en une Ciaconi hypnotique.

Lucy Robinson, 1999

1 Cette technique d’adaptation, que Schütz appelle falsobordono dans la Préface de son Historia der … Auferstehung (mentionnée ci-dessus), combine une technique du seizième siècle et la technique de basso continuo qui commençait à s’imposer à cette époque.

2 Il existe des attributions contradictoires de Ach, daß ich Wassers g’nug hätte : le catalogue des œuvres de C.P.E. Bach (1790) nomme Johann Christoph, mais une concordance de la Collection Düben de l’université d’Uppsala cite le père de Johann Christoph, Heinrich Bach.

3 Le chant funèbre de Fischer fut commandé par un mécène de Augsburg, Raymund Egger, à l’occasion de la mort de sa femme, Anna Katharina.

Notes par Kah-Ming Ng

Texts and translations

[1] Dum tot carminibus

Dum tot carminibus te lugent undique cives,
atque ferunt moesta tristia metra manu:
Solus ego laeta repeto pia gaudia mente,
atque tuam sortem laudo, proboque novam,
dum vere vivis rutili novus incola coeli,
despicis et misero quicquid in orbe viget:
Cumque piis animis choreas nunc ducis ovantes,
laetaque perpetuae tempora pacis agis.
Gaudia tanta igitur quid moesto carmine plangam?
Aeternum cum te mors properata facit.

Tandis que les gens entonnent partout pour toi des chants de lamentation,
Et portent des vers tristes dans leurs mains d'affligés ;
Je suis seul à rechercher une joie pieuse d'un cœur riant,
Et je loue ta destinée et j'approuve ta nouvelle condition, 
Car tu es en effet un nouvel habitant du ciel radieux,
et tu méprises aussi tout ce qui prospère dans ce monde de misère ;
Et tu mènes maintenant des danses de célébration avec les esprits pieux,
et tu connais des heures joyeuses de paix éternelle.
Dois-je donc déplorer de telles joies par un chant triste ?
Une mort rapide t’apporte l'éternité.

[3] Lamentatio prima

Cogitavit Dominus dissipare murum filiae Sion: tetendit funiculum suum, et non averit manum suam a perditione: luxitque antemurale, et murus pariter dissipatus est. 

Teth. Defixae sunt in terra portae ejus: perdidit, et contrivit vectes ejus: regem ejus et principes ejus in gentibus: non est lex, et prophetae ejus non invenerunt visionem a Domino.

Jod. Sederunt in terra, conticuerunt senes filiae Sion: consperserunt cinere capita sua, accincti sunt ciliciis, abjecerunt in terram capita sua virgines Jerusalem.

Caph. Defecerunt prae lacrimis oculi mei, conturbata sunt viscera mea: effusum est in terra jecur meum super contrione filiae populi mei, cum deficeret parvulus et lactens in plateis oppidi. Jerusalem, convertere ad Dominum, Deum tuum.

Le Seigneur a décidé de détruire le mur de la fille de Sion : il a tracé une ligne, il n'a pas retiré sa main de la tâche de destruction : il a donc fait se lamenter le rempart et le mur ; ensemble ils ont langui.

Teth. Ses portes se sont enfoncées dans la poussière ; il a détruit et brisé ses poutres : son roi et ses princes sont parmi les Gentils : la loi n'est plus ; ses prophètes ne reçoivent plus non plus de vision du Seigneur. 

Jod. Les anciens de la fille de Sion sont assis à même la terre et ils restent silencieux : ils ont couvert leur tête de poussière ; ils se sont vêtus de toile de sac : les vierges de Jérusalem ont la tête baissée vers la terre.

Caph. Mes yeux n'ont plus de larmes, mes entrailles sont déchirées, mon foie est répandu sur la terre, pour la destruction de la fille de mon peuple ; parce que les enfants et les nouveau-nés se pâment dans les rues de la cité.
Jérusalem, tourne-toi vers le Seigneur, ton Dieu.

[5] Herr Jesu Christ

Herr Jesu Christ, mein Trost und Freud,
ich wart auf dich zu jeder Zeit.
Komm wenn du willst, ich bin bereit,
führ mich zur ewigen Seligkeit.

Seigneur Jésus Christ, mon réconfort et ma joie,
Je t'attends jour et nuit.
Viens à moi quand tu le désires, je suis prêt ;
Conduis-moi à la béatitude éternelle.

[7] Es war aber an der Stätte

Da nahmen sie den Leichnam Jesu, der abgenommen war, und wikkelten ihn in ein rein Leinwand und bunden ihn mit reinen Tüchern, und mit Specereien wie die Juden pflegen zu begraben.
Es war aber an der Stätte, da er gekreuziget ward, ein Garten, und in dem Garten ein neu Grab, das war Josephs, welcher er hatte lassen hauen in einen Felsen, in welches niemand geleget war. 
Daselbst hin legten sie Jesum um des Rüsttags willen der Juden, daß der Sabbath anbrach und das Grab nahe war und wältzeten einen großen Stein für die Tür des Grabes und gingen davon.

1. O Traurigkeit! O Herzeleid! Ist das nicht zu beklagen? Gott des Vaters einig Kind wird ins Grab getragen.
2. O große Not! Gott selbst liegt tot. Am Kreuz ist er gestorben, hat dadurch das Himmelreich uns aus Lieb erworben.
3. O Menschenkind! Nur deine Sünd hat dieses angerichtet, wie du durch die Missetat warest ganz vernichtet.
4. Dein Bräutigam, das Gotteslamm, liegt hier mit Blut beflossen, welches er ganz mildiglich hat für dich vergossen.
5. O süßer Mund! O Glaubensgrund! Wie bist du so zerschlagen. Alles, was auf Erden ist, muß dich ja beklagen.
6. O lieblich Bild, schön, zart und mild, du Söhnlein der Jungfrauen. Niemand kann dein heißes Blute sonder Reu anschauen.
7. Hochselig ist zu jeder Frist, der dieses recht bedenket, wie der Herr der Herrlichkeit wird ins Grab gesenket.
8. O Jesu du mein Hilf und Ruh. Ich bitte dich mit Tränen: Hilf, daß ich mich bis ins Grab möge nach dir sehnen.

Ils ont pris le corps de Jésus, qui avait été déposé
à terre, et l'ont enveloppé dans un drap de lin pur
et lui ont appliqué des bandelettes propres et des épices, selon la coutume des enterrements juifs. 
Alors, à l'endroit où il fut crucifié se trouvait un jardin et dans le jardin était une nouvelle tombe appartenant à Joseph qui l'avait fait creuser dans le roc, et cette tombe n'avait pas encore été utilisée. 
Là, parce que la tombe était à proximité et que c'était la veille du Sabbat, ils ont déposé Jésus,
puis ils ont roulé une grande pierre sur la porte du sépulcre et ils sont partis.

1. O malheur ! O chagrin ! Comment ne pas pleurer la mort du seul enfant de notre Seigneur ?
2. Quelle grande misère ! Notre Seigneur lui-même gît mort. Il est mort sur la croix et par amour, il nous a conquis le paradis.
3. O humanité ! Ton seul péché est responsable
de cela ; car tu as été détruite par la trahison.
4. Ton époux, l'agneau de Dieu, gît là dans son sang, qu'il a répandu volontairement pour toi.
5. O bouche douce, fontaine de la foi. Comme tu es meurtrie ! Toutes les créatures de la terre te pleureront.
6. O merveilleuse image, belle, tendre et douce, fils de la vierge. Personne ne peut contempler ton sang frais sans remords.
7. Béni à tout jamais est celui qui appréhende comment la Gloire du Seigneur est humiliée dans la tombe.
8. O Jésus, mon secours et mon repos, je te supplie avec mes larmes : aide-moi, permets que mon désir pour toi dure jusqu'au jour de ma mort.

[9] Ach, daß ich Wassers g’nug hätte

Ach, daß ich Wassers g’nug hätte in meinem Haupte und meine Augen Tränenquellen wären, daß ich Tag und Nacht beweinen könnte meine Sünde!
Meine Sünde gehen über mein Haupt, wie eine schwere Last sind sie mir zu schwer worden, darum weine ich so und meine beiden Augen fließen mit Wasser.
Meines Seufzens ist viel, und mein Herz ist betrübet, denn der Herr hat mich voll Jammers gemacht am Tage seines grimmigen Zorns.

O ! Que je n'aie assez de larmes dans ma tête et que mes yeux ne soient pas des fontaines de larmes, pour déplorer jour et nuit mes transgressions !
Car mes péchés pèsent sur ma tête, comme un lourd fardeau mes péchés m'écrasent, c'est pourquoi je pleure si amèrement, pourquoi mes deux yeux se remplissent sans cesse d'eau.
Mes soupirs sont profonds et mon cœur est meurtri, car le Seigneur m'a frappé d'angoisse le jour de sa terrifiante colère.

[11] De funere ad vitam

Alleluia.
De funere ad vitam, de morte ad triumphum exurgis, resurgis, dulcissime Jesu,
En caro mortalis fit panis vitalis.
Mors ipsa frumenti dat vitam edenti.
Alleluia.
Resurgis, dulcissime Jesu.
De funere ad vitam, de morte ad triumphum, de monumento in sacramentum surgis.
Exulta, laetare.
Triumpha praeclare.
De tumulo surge, consurge, resurge.
Tam caro mortalis dat vitam edenti. Mors dura frumenti fit panis vitalis.
Alleluia. 

Alléluia.
De la tombe à la vie, de la mort au triomphe tu resurgis, tu te dresses à nouveau, très doux Jésus.
Regardez ! La chair mortelle devient le pain de vie. 
La mort même du grain est source de vie pour qui la consomme.
Alléluia.
Tu te dresses à nouveau, très doux Jésus.
De la tombe à la vie, de la mort au triomphe, de
la tombe au sacrement, tu resurgis.
Exulte, réjouis-toi,
Triomphe infiniment.
Surgis, surgis, surgis à nouveau de la tombe.
C'est ainsi que la chair mortelle est source de vie pour qui la consomme.
La mort amère du grain produit le pain de vie.
Alléluia.

 

 

 
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Charivari Agréable 
 
Release date: 17th April 2000
Order code: SIGCD018
Barcode: 635212001820
 
 
 
1 Johann Erasmus Kindermann: ‘Dum tot carminibus’ from Trauer-Gesänge, 1647, ‘In stylo recitativo’ [2:26]
2 Johann Erasmus Kindermann: ‘Grablied Symphonia’ [2:44]
3 Joseph-Hector Fiocco: ‘Lamentatio Prima du Jeudi Saint’ [12:52]
4 J. E. Kindermann: ‘Symphonia’ from Deliciae Studiosorum, III/10, 1643 [1:31]
5 David Schedlich: ‘Herzen- und Trostspruch: Herr Jesu Christ’ [2:33]
6 J. E. Kindermann: ‘Symphonia’ (seconda volta) [1:32]
7 Christian Geist: ‘Es war aber an der Stätte, da er gekreuziget ward: O Traurigkeit, O Herzeleid’ [11:55]
8 J. E. Kindermann: ‘Drifache Fuga super Christ lag in Todesbanden, Christus, der selig macht und Da Jesus an dem Creuze stund’ [1:35]
9 Johann Christoph Bach: ‘Ach, daß ich Wassers g’nug hätte’ [6:47]
10 Johann Fischer: ‘Trost-Klang: Lamento’ [4:08]
11 C. Geist: ‘De funere ad vitam: Alleluia’ [8:34]
12 Johann Michael Nicolai: ‘Sonata a tre viol da gamba’; Adagio - Allegro - Adagio - Allegro - Adagio, Aria, Courante, Giga, Sarabanda - [Variatio] [9:31]
13     - Ciaconi [5:31]
Total running time: [72:18]

 

 

 

[images/index.htm] 25 May 2009