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Two Upon a Ground
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| "A sunny disposition enhanced by an excelent
recorded sound" - Gramophone |
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| "... precise articulation and clear phrasing result
in lively and effortless playing" - Viola da Gamba-Mitteilungen (Switzerland) |
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| "Just buy it! It is all beautifully played" - Early Music Review |
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Commentaire
Les anglais abordent la composition des variations instrumentales (les divisions) d'une façon très caractéristique: l'instrumentiste a la possibilité de montrer à la fois les variations inhérentes dans une courte phrase musicale et sa propre virtuosité. Christopher Simpson, maître incontesté du genre, explique la manière d'explorer une telle phrase ou 'ground' dans son livre 'The Division-Violiste' (Londres, 1659), oeuvre fondamentale sur les divisions. La parution d'une troisième édition en 1712 nous montre que l'intérêt pour les complexités des divisions était toujours intense au 18e siècle.
Simpson charge l'instrumentiste de commencer par une interprétation simple et distinct du ground, avant de s'engager dans les variations par une division des valeurs longues en valeurs plus courtes, ou par l'addtion d'un déchant lent. Il fait reférence à l'utilisation de toutes les possibilités de la viole, et favorise une dynamique variée avec des contrastes de tempo entre les sections, essayant ainsi de plaire et de retenir l'attention des auditeurs. Apres une déscription tres complète des techniques instrumentales et de composition nécessaires à l'exécution des divisions, Simpson introduit le sujet des divisions pour plusieurs instruments, 'une musique, dit-il, de laquelle j'ai quelques connaissances expérimentales'. Un manuscrit a la Bodleian Library, Oxford (Mus.Sch.c.59), qui contient plusieurs pieces ici preséntées, nous montre de façon spectaculaire combien ces 'connaissances expérimentales' étaient non pas des explorations tentatives, mais plutot l'expression mure et très caractéristique d'un maitre-compositeur.
Parmi les éloges qui précèdent la première édition du 'Division-Violiste' se trouve celui fait par un autre compositeur anglais très brillant, John Jenkins. On peut écouter ses divisions en do majeur sur cet enregistrement, et d'autres compositions remarquables dans le c.59. Jenkins félicite son ami, M.Christopher Simpson, de l'exactitude de son traitement de la division, et critique le manque de savoir des autres théoriciens. Malgré la nature improvisatrice et donc éphemère des divisions, il existe des oeuvres importantes écrites par des compositeurs autres que Simpson et Jenkins. Il est pourtant vrai que la prédiction de Jenkins, que ceux qui connaissaient mal leur métier verraient mourir leur art, tandis que le livre de Simpson initierait le monde entier à l'art de la division, s'est révélée plutôt présciente.
'The Division-Violiste' fournit des indications sur les divisions jouées par deux ou trois violes, en tenant compte des talents variables des instrumentistes. S'ils sont de meme niveau, Simpson conseille aux violistes un alternance entre les parties hautes et basses pour partager le thème et la réponse de la division. L'organiste peut y participer en divisant la réponse, et dans ce cas les violistes doivent jouer doucement les notes lentes pour que celle-ci soit toujours dominante. Parfois les instruments doivent disputer la division, pour aboutir enfin à une musique harmonieuse et grave. Simpson explique que très peu de divisions sont publiées en raison du coût élevé, mais souligne que les improvisations des instrumentistes qui connaissent bien le style des autres joueurs remportent souvent plus de succès que celles qui sont longuement étudiées.
Matthew Locke ressemble à Jenkins dans sa critique des rivaux de Simpson. Selon Locke, Simpson avait montré plus de connaissances et de pratique de la division en trois pages que ses rivaux en plusieurs volumes. Les pièces de Locke pour deux basses de viole son pourtant d'un style tres différent de celui des divisions de Jenkins ou de Simpson. La plupart des douze duos sont en forme de
fantaisie, et quelques uns en mouvements de danse. Ce sont des morceaux crées par une génération habituée a employer ces formes pour une musique instrumentale pure, véritable transformation depuis le début de siecle ou les danses instrumentales était composées pour accompagner les danseurs. Locke fut un des derniers a laisser un corps important de musique de concert de
violes. Néanmoins on trouve dans ses duos pour basses de viole une impression stylistique du milieu de siècle, qui diffère nettement du répertoire de la période de Jacques I et de Charles I mais qui n'annonce pas non plus les dernières années du Baroque. Certaines pièces de Locke font penser a l'oeuvre extraordinaire de William Lawes. Celui-ci écrit des pieces a cinq ou six parties, remarquables par l'association de figures bizarres et d'harmonies parfois
effrayantes, parfois exquises de douceur. Difficile d'oublier les divisions de cette suite en sol mineur quand on joue la version plus sobre à quatre parties!
Gottfried (Godfrey) Finger, originaire de la Moravie, eut beaucoup de succès en Angleterre ou il servait dans la chapelle de Jacques II a partir de 1687. Il resta en Angleterre apres la fuite du roi en 1688, mais la quitta en 1700 quand il ne fut placé que quatrième dans un concours de composition. En outre sa musique purement
instrumentale, Finger comme Locke (et aussi comme Lawes si l'on compte la musique composée pour les masques) écrit beaucoup pour le théatre. Mais a la différence des duos de Locke, les pièces de viole de Finger sont d'une grande difficulté technique et leur style reflète les préoccupations de la nouvelle génération.
On sait très peu sur l'énigmatique Tobias Hume, si ce n'est qu'il fut soldat dans les armées suède et russe entre autres, et qu'il mourut à l'hospice de Chartreuse ou il souffrait d'une maladie mentale. Hume considérait sa musique comme 'la seule partie éfféminée de moi-meme', mais 'généreuse, car elle n'est jamais intéressée'. Dans l'introduction à sa publication de 1605, Hume fait campagne pour l'élévation de la basse de viole au rang du luth, en citant la grande variété et la beauté de sa musique qui unit 'parties, Passion et Division aussi gracieusement que n'importe quel autre instrument'. Nous remercions Hume pour sa formulation parfaite des caracteristiques éssentielles de la musique instrumentale anglaise du 17e siècle, qui résume si bien les pièces présentées sur cet enregistrement: 'parties, Passion et Division'.
Ce CD qui présente pour la premier fois quelques divisions de Simpson (#1 & #2) et de Jenkins (#21), met en vedette trois instruments de grand intérêt. Le clavecin a été construit par Andreas Ruckers (Antwerp 1623), fils cadet de Hans l'Aine, fondateur de la dynastie formidable et très connue de facteurs de clavecin. à l'origine c'était un double clavier transpositeur habituel Ruckers (clavier superieur: C/E - c3; clavier inferieur: GG/BB - f3), avec une disposition de registres 1x8' et 1x4'. Cet instrument en très bon état de conservation semble avoir servi pendant toute la période Romantique et possède encore beaucoup de cordes du 18e siècle, qui remontent au grand ravalement de c.1770 fait par Jacob Kirckman. Celui-ci a mis sur la caisse un placage en acajou selon la mode anglaise de l'époque. L'épinette anglais des dernières années du 17e siècle, a une tessiture de GG/BB - d3 avec des dièses brises. Elle a son support ouvrage d'origine, et on y trouve encore ses sauteraux et son coussin en laine tissée sur le chassis du clavier.
Le théorbe que l'on entend n'est pas l'instrument habituel italien mais la réconstruction d'un modèle typiquement anglais, sur lequel les cordes sont doubles et accordées en G avec le diapason des deux cordes aigues baissé d'une octave. Construit par David Van Edwards (Norwich 1995), le théorbe se conforme aux mesures spécifiées dans le manuscrit de Talbot (c.1700) et aux descriptions dans 'Musick's Monument' de Thomas Mace (Londres 1676). Les articles de Lynda Sayce dans 'Early Music Review' (mars 1995) et 'Early Music' (novembre 1995) donnent des renseignements supplémentaires sur cet instrument.
Il'n'existe plus de musique pour le théorbe anglais à ce diapason, mais Thomas Mace nous indique la possibilité de faire des arrangements et ainsi de pouvoir jouer du théorbe aussi facilement que d'un luth français, mais à condition de choisir des morceaux sérieux appropriés à la gravité de l'instrument ('car, dit-il, il est très malséant de jouer des pièces frivoles et vives la-dessus'). 'La Pompe Funebre' d'Ennemond 'le Vieux' Gaultier, compositeur très populaire en Angleterre, semble remplier cette condition par son ton solennel. Le professeur de luth de Mary Burwell (c.1670) nous a laissé une description de Gaultier qui montre bien l'estime dont il joissait: 'Parmi les nombreuses étoiles qui se sont élevées en France il y a une qui, comme le soleil, a attiré sure elle l'admiration et les éloges du monde entier. C'est le premier Gaultier, surnommé Gaultier le Vieux en raison de son âge avancé et de son mérite, sur qui la fortune aveugle mais point sourde s'est empressée pour le couronner de gloire et de
richesses'.
| Title Page Programme Notes Commentaire Kommentar Reviews Credits Charivari Agréable |
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| Release date: | September 1998 | |
| Order code: | SIGCD007 | |
| Barcode: | 635212000724 | |
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| 1 | Christopher Simpson: Division in A | [5:41] |
| 2 | Christopher Simpson: Division in F | [5:10] |
| 3 | Thomas Tomkins: Voluntary | [1:34] |
| 4 | Christopher Simpson: Division in F | [2:20] |
| 5 | Godfrey Finger: Division in C | [3:45] |
| 6 | John Jenkins: Division in C | [4:44] |
| 7 | Ennemond Gaultier: La pompe funèbre | [4:58] |
| 8 | Matthew Locke: Fantazia | [1:42] |
| 9 | Matthew Locke: Courant | [1:25] |
| 10 | Christopher Simpson: Division in G | [5:46] |
| 11 | Godfrey Finger: Sonata solo in G | [7:02] |
| 12 | Tobias Hume: Loves farewell | [4:12] |
| 13 | William Lawes: Suite in g - Pavan | [6:36] |
| 14 | William Lawes: - Ayre 1 | [1:28] |
| 15 | William Lawes: - Ayre 2 | [2:27] |
| 16 | Thomas Tomkins: Prelude | [0:50] |
| 17 | Thomas Tomkins: What if a Day | [1:22] |
| 18 | Thomas Tomkins: Worster brawls | [2:16] |
| 19 | Tobias Hume: Pavan | [5:49] |
| 20 | Henry Purcell: Two in one upon a Ground | [3:43] |
| 21 | John Jenkins: Division in A | [4:59] |
| Total running time: | [78:28] | |